Le centre de tri de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie a été déneigé jeudi. Il a dû être évacué en raison de signes d’affaiblissement de sa structure, ce qui a entraîné l’annulation de la collecte des matières recyclables jeudi et vendredi.

Le poids de la neige inquiète encore

Trois-Rivières — En raison des nombreux effondrements de toitures des dernières semaines, le poids de la neige continue à susciter de l’inquiétude dans la région alors que les évacuations et les opérations de déneigement se multiplient. Cette inquiétude se traduit notamment par de nombreux appels à la Direction de la sécurité incendie à Trois-Rivières.

«On reçoit beaucoup d’appels pour évaluer les structures de bâtiments à la suite de l’accumulation de neige et de glace. C’est quotidien. Depuis le début de la semaine, on doit recevoir entre cinq et huit appels par jour», souligne Jean-Philippe Fortin, chef aux opérations du service des incendies.

En fin d’avant-midi, jeudi, ils en étaient déjà rendus à trois ou quatre appels. Des vérifications qui se transforment parfois en évacuation. C’est le cas pour des résidents d’un immeuble de quatre logements de la rue des Terrasses à Trois-Rivières. Les pompiers leur ont demandé de quitter les lieux en raison de l’apparition d’inquiétantes fissures. «Depuis dimanche qu’on entend des craquements et que ça fait des fissures. Ça craque de partout. Il y a des fissures dans le plâtre. Il y en a plus chez ma voisine, mais chez nous, il y a un côté du mur qui est craqué sur toute sa longueur. On a des fissures en haut des fenêtres et un peu partout. Ce matin [jeudi], les pompiers et la police sont venus. Comme il y avait trop de fissures, c’était trop dangereux et ils nous ont fait sortir», raconte Marie-France Malenfant.

Cette dernière mentionne qu’elle ne dormait pas sur ses deux oreilles depuis que tous ces signaux d’un possible problème concernant la sécurité du bâtiment ont commencé à apparaître. Il semble que le propriétaire est venu constater l’état de l’immeuble plus tôt dans la semaine, mais qu’il n’avait trouvé aucun déneigeur disponible pour la toiture.

Les locataires, dont un homme de 89 ans, ont pu prendre quelques effets personnels, jeudi, avant de quitter les lieux. Ils doivent trouver un endroit où se reloger tant que la toiture n’a pas été déneigée et qu’un ingénieur de la Ville n’a pas inspecté le bâtiment. Ils ignorent donc quand ils pourront rentrer chez eux. «On est comme des sans-abri. Il faut en rire, mais ce n’est pas évident», lance Mme Malenfant.

Cet immeuble de la rue des Terrasses fait partie des endroits évacués, jeudi, à Trois-Rivières.

Des locataires d’un immeuble de la rue Beauchemin, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, ont également dû évacuer leur logement, jeudi matin. Dans ce cas-là, la Croix-Rouge est venue soutenir certains résidents. C’est le seul cas où son aide a été demandée en lien avec des toitures problématiques à Trois-Rivières. Elle est également intervenue à Saint-Mathieu-du-Parc, mercredi.

Cette saga des toitures a eu une conséquence particulière soit l’interruption de la collecte des matières recyclables. Rappelons que le centre de tri de Récupération Mauricie a été évacué, mercredi, à Saint-Étienne-des-Grès. Les collectes de matières recyclables (bac bleu) ont donc été annulées jeudi ainsi que ce vendredi tant pour le secteur résidentiel que pour les industries, commerces et institutions. Certains secteurs de Trois-Rivières, Shawinigan, Saint-Mathieu-du-Parc, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Adelphe, Saint-Paulin et Charette sont touchés par cette situation. «Ce sont des collectes qu’on ne fera tout simplement pas parce qu’on est vraiment en situation d’urgence pour réévaluer la situation par rapport au bâtiment. Ceci étant dit, l’évacuation a été faite de façon préventive. Il n’y a pas eu de bris ou d’effondrement. Mais par contre, il n’y a pas de chance à prendre», explique Sylvie Gamache, conseillère en communication pour la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Des signes d’affaiblissement ont été remarqués lors de la planification de travaux de déneigement. «C’était quand même la troisième fois cet hiver qu’on retournait sur le toit. En préparation de ces travaux de déneigement, on a constaté des signes inquiétants au niveau de la structure de la toiture», précise Mme Gamache. Un ingénieur expert en bâtiment a recommandé l’évacuation. Le bâtiment a été déneigé par des travailleurs munis d’un harnais rattaché à une grue. Quatre-vingts employés répartis sur trois quarts de travail œuvrent au centre de tri. Si l’évacuation se prolonge, des mesures temporaires seront mises en place pour reprendre la collecte. «Mes collègues sont en train de planifier des mesures pour s’adapter à cette situation exceptionnelle», note Mme Gamache.

En plus du centre de tri, une cinquantaine d’employés de l’entrepôt Sobeys dans le parc industriel des Hautes-Forges à Trois-Rivières ont été évacués par mesure préventive, vers 21 h 30, mercredi soir.

Finalement, après analyse, il a été établi que le bâtiment était sécuritaire et les activités ont repris à la normale jeudi matin. «Il y a des employés qui ont pensé qu’il y avait un problème avec la structure. Par mesure de prévention, le centre de distribution a été évacué. Les pompiers sont venus. On a fait venir un ingénieur expert en structure pour inspecter le tout, et tout va bien», assure Anne-Hélène Lavoie, porte-parole de Sobeys. Le quart de nuit a été annulé, mais le travail a repris jeudi matin.

Cette dernière affirme que le bâtiment avait été inspecté pas plus tard que mercredi. Une équipe de déneigement était prévue jeudi. En raison des derniers événements, les déneigeurs ont entrepris de dégager la toiture au cours de la nuit. «Tout est revenu à la normale. Il y a eu plus de peur que de mal. Je suis contente que nos collègues aient pris la situation au sérieux et qu’ils n’aient pas pris de chance», note Mme Lavoie.