Robert Lalonde a reçu la pétition du Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé des mains de Samuel Ouellette Blanchette.

Le poids de 4000 signatures

Fort d'une pétition comptant maintenant 4000 signataires en défaveur du projet d'oléoduc d'Énergie Est, le Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé demande de nouveau au conseil des maires de la MRC de joindre les rangs des opposants au projet.
Quelque 100 personnes ont appuyé la démarche du Comité vigilance hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé.
Il y a 24 mois que le comité a amorcé ses représentations devant la table des maires. Mercredi, le comité a présenté 3000 nouvelles signatures qui s'ajoutent au millier de la première pétition déposée en mai 2016. 
Quelque 100 sympathisants du comité étaient entassés dans la salle du conseil afin de prendre part à cette remise de pétition qui s'est déroulée dans le calme.
«Sept des 17 municipalités de la MRC, représentant 50 % de la population, sont contre. Les gens déclarent qu'il serait irresponsable de faire vivre un déversement à la population. On vous tend la main. À la lumière de la non-acceptabilité, on vous demande de réévaluer votre position», a dit Sylvie Lessard, une résidente de Sainte-Ursule.
Le comité avait confié à un adolescent de Yamachiche, Samuel Ouellette Blanchette, la mission de remettre la pétition au préfet Robert Lalonde. Le jeune homme 15 ans, qui veut demeurer à Yamachiche pour sa vie adulte, a dit souhaiter pouvoir vivre dans un milieu de qualité et sécuritaire.
«La construction d'un oléoduc est un risque inacceptable pour notre MRC. J'espère que vous vous opposerez à ce projet.»
Robert Lalonde a bien pris note de la demande du comité. Il va prendre le temps de l'analyser avec ses collègues.
«La MRC est dans un comité avec la FQM (la Fédération québécoise des municipalités). On privilégie de travailler avec la FQM. Si la FQM est contre, on serait probablement contre. Quatre mille signatures, ça a du poids», reconnaît volontiers M. Lalonde, qui croit toujours que pour l'instant, la neutralité affichée par la MRC de Maskinongé est la meilleure position à adopter.
Le comité compte justement sur la force du nombre pour amener le conseil des maires dans son camp.
«On veut que les maires s'opposent au projet. Avec le nombre de signataires, on veut inciter les maires à réfléchir. Des gens de plusieurs municipalités ont signé la pétition. Les maires ne peuvent plus dire qu'ils n'entendent jamais parler de ça», déclare Pierre Foisy, porte-parole du comité.
Selon ce dernier, les citoyens sont de plus en plus nombreux à être informés de l'enjeu d'un tel projet et des risques reliés à un déversement (contamination des sols et des nappes phréatiques, avis d'évacuation, impacts sur la santé, etc.).
«Les gens nous font part de leurs préoccupations, ils se questionnent sur les impacts, sur la sécurité. Les enjeux sont nombreux. On a vu des oléoducs neufs couler. On aime mieux prévenir que guérir», ajoute M. Foisy.
Le Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé démontre une assiduité à toute épreuve, des membres assistant à chaque séance du conseil des maires depuis mai 2015. Le travail va se poursuivre, assure Pierre Foisy.
«Notre façon d'opérer est de sensibiliser et d'informer les gens pour gagner le plus d'opposition au passage de l'oléoduc.»
À Bécancour
Le Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé sera de la manifestation du 23 avril au quai de Bécancour. Cette manifestation est organisée par le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec. Par ce rassemblement populaire, le regroupement veut signifier aux gouvernements et autres entreprises le refus du développement des énergies fossiles au Québec.