Alexandra Malenfant-Veilleux, professeure en sciences humaines, et Mylène Robitaille, professeure de physique au Collège Laflèche, présentent l’une des imprimantes 3D du Lab 321 du Collège Laflèche, qui vient juste d’imprimer un clitoris en 3D.

Le plaisir féminin... en 3D

TROIS-RIVIÈRES — L’objet a de quoi surprendre à première vue. On hésite entre un crochet pour le hall d’entrée, un oiseau en origami ou bien une forme de pendentif décoratif. «Tu peux le prendre dans tes mains si tu veux», insiste l’enseignante du Collège Laflèche, Alexandra Malenfant-Veilleux. Entre mes mains, je tiens un clitoris...

Cette réalisation d’une impression 3D de l’organe du plaisir féminin, réalisé au Lab 321 du Collège Laflèche, peut décrocher un sourire à première vue, mais cache avant toute chose une formidable innovation pour le Collège, tant sur le plan technologique que pour la collaboration, de plus en plus encouragée, entre les différents départements de l’établissement d’enseignement collégial.

Lorsque le Lab 321 a été mis en place il y a deux ans, il devait d’abord servir au développement d’objets en 2D et en 3D grâce aux imprimantes 3D et à la machine pour découper au laser. Le laboratoire destiné surtout aux programmes découlant des disciplines liées aux sciences naturelles s’est finalement avéré un investissement des plus intéressants pour chaque élève de n’importe quel programme qui souhaiterait y développer quelque chose. C’est ainsi qu’on y a développé des prototypes de couvre-poignées de porte pour les personnes à mobilité réduite, de montures de lunettes spéciales, de casse-têtes enfantins conçus par les étudiants de Technique d’éducation à l’enfance ou même d’objets mode imaginés par les étudiants de Commercialisation de la mode.

Ce qui nous ramène au fameux clitoris, prototype en plastique qui, après quelques manipulations maladroites, a fini par tenir debout bien droit sur la table le temps de l’entrevue. Le prototype, dont le modèle 3D existait déjà sur le web, a été imprimé en quelques exemplaires par la professeure de sciences humaines Alexandra Malenfant-Veilleux, chargée de donner les cours de psychologie de la sexualité et de psychologie du développement humain depuis les dernières années. L’étude de l’organe faisait évidemment partie du programme scolaire, mais la professeure se contentait jusqu’ici de le dessiner au tableau.

«De pouvoir l’avoir en main, les étudiants comprennent beaucoup mieux son anatomie et constatent à quel point ils ne connaissaient pas bien cet organe, que toutes les filles possèdent pourtant. Ce qu’on en connaît, c’est uniquement ce qui se voit de l’extérieur, mais c’est bien plus complet que ça», mentionne Mme Malenfant-Veilleux.

La compréhension plus approfondie du clitoris permet ainsi de comprendre le fonctionnement de l’orgasme féminin, tant interne qu’externe, que l’on a longtemps relégué à l’éternel débat du «clitoridien ou vaginal». Fini aussi les discussions entourant le fameux «point G» que l’on pouvait entendre dans les années 80, et qui pouvaient, socialement parlant, aller jusqu’à être réductrices pour les femmes qui avaient encore l’impression de ne pas l’avoir trouvé.

«La science nous démontre que c’est le même organe qui amène le plaisir, mais différemment s’il est stimulé à l’interne ou à l’externe. De voir la composition de l’organe en 3D permet aux étudiants cet apport plus concret à la connaissance et à la compréhension de la matière», ajoute Mme Malenfant-Veilleux, précisant que pour plusieurs de ses étudiantes et étudiants, l’objet aura également servi à défaire de nombreux mythes.

Le projet, qui a permis d’allier les départements de sciences naturelles et de sciences humaines, réjouit au plus haut point Mylène Robitaille, professeure de physique, qui a contribué à la mise sur pied du Lab 321. «C’est une des nombreuses démonstrations que l’on voit pour l’utilité de ce laboratoire, mais c’est aussi intéressant de voir qu’on pousse toujours plus loin afin de trouver des idées pour que nos étudiants apprennent mieux», déclare-t-elle.