La directrice de l’unité de gestion de la Mauricie et de l’ouest du Québec, Nadine Blackburn.

Le parc national de la Mauricie se refait une beauté

Shawinigan — Les usagers du parc national de la Mauricie n’ont pu se rendre dans leur terrain de jeu préféré que par l’entrée de Saint-Mathieu-du-Parc, cet été. Cet inconvénient sera de courte durée puisque dès la mi-décembre, de même qu’au printemps 2019, le secteur Saint-Jean-des-Piles aura fait peau neuve et offrira une expérience nettement améliorée aux visiteurs.

Pour l’instant, ce secteur est le théâtre, cet été, du plus gros chantier depuis le début du programme d’investissement 2015-2020 dans les infrastructures du PNLM. Ce chantier, rappelons-le, représente une dépense de 64 millions $, dont 46 millions $ pour la réfection des 63 kilomètres de la route Promenade.

Un montant de 16 millions $ est aussi consacré à la reconstruction de certains bâtiments, dont ceux de trois terrains de camping, du casse-croûte et de la location d’embarcations, du centre d’accueil et d’interprétation de Saint-Jean-des-Piles et du pavillon de services de la Rivière-à-la-Pêche.

Marc-André Valiquette, coordonnateur du projet de restauration des écosystèmes aquatiques, montre ici le ponceau qui relie les lacs Suré et Reid.

Le système de traitement des eaux usées ainsi que le système d’aqueduc du même secteur seront eux aussi changés.

Finalement, 2 millions $ seront injectés pour le remplacement de ponceaux et la modification de certains sentiers afin, entre autres, d’accommoder les marcheurs moins expérimentés.

Les amateurs de plein air se réjouiront des améliorations apportées aux différents édifices du parc, dont celui de Rivière-à-la-Pêche qui avait, après 40 ans, atteint la fin de sa vie utile. Au printemps, les visiteurs y découvriront un nouveau concept dans lequel on trouvera des douches sans genre, c’est-à-dire qu’elles seront accessibles tant aux hommes qu’aux femmes tout en offrant un nouveau concept assurant l’intimité de chaque usager. Le bloc sanitaire sera aussi accessible aux personnes à mobilité réduite. Le bâtiment contiendra également un abri de cuisine où les campeurs pourront laver leur vaisselle. Question d’économie d’énergie, l’éclairage sera au DEL et l’eau chaude sera fournie par des chauffe-eau instantanés sans réservoir.

Cet édifice servira à la fois de bloc sanitaire et d’abri de cuisine. On y trouve aussi des douches sans genre.

Le système de gestion des eaux usées, qui datait de 40 ans, sera remplacé par un système plus performant qui permettra la vidange des fosses septiques une fois aux quatre ans au lieu d’une fois l’an.

Le PNLM espère que ces nouveaux bâtiments dureront au bas mot 40 ans. C’est pourquoi les constructions comprennent l’installation d’un filet de métal, sous le revêtement extérieur afin de prévenir la visite des rongeurs. Chaque bâtiment est aussi assis sur un solage de béton assez haut pour éviter que la base ne baigne dans l’eau quand il pleut ou quand la neige fond.

Le PNLM a profité de la fermeture du secteur Saint-Jean-des-Piles, cet été, pour effectuer un brûlage dirigé de certaines zones de la forêt où la clientèle ne circulait pas. Ce brûlage permettra de créer les conditions favorables à la restauration des peuplements de chênes rouges et de pins blancs, explique Marc-André Valiquette, coordonnateur du projet de restauration des écosystèmes aquatiques.

Derrière le coordonnateur de projets, Michel Hould, on aperçoit les accotements beaucoup plus larges de la route Promenade.

D’autres aménagements auront un impact positif sur la faune aquatique. Le plus spectaculaire est un ponceau de 5,5 mètres de large sur 3,5 mètres de haut entre les lacs Suré et Reid, assez grand pour y faire passer deux voitures côte à côte et dont le fond a été tapissé de roches et de gros rochers disposés en quinconce. Présentement en étiage, cet imposant passage sous la route Promenade n’est pas visible aux automobilistes. Au printemps, toutefois, lorsque l’eau est haute, il devient une voie de passage, voire une aire de repos pour le poisson. «La structure en relief créé des contre-courants qui représentent des aires de repos et des refuges» pour la faune aquatique, explique M. Valiquette.

La réfection de la partie asphaltée de la route Promenade sera aussi grandement appréciée des cyclistes puisqu’un espace asphalté généreux a été aménagé entre la route et la partie rocailleuse du bord. La PNLM n’a toutefois pas voulu s’aventurer dans la construction d’une vraie piste cyclable, puisque la vocation première du parc est de préserver l’intégrité écologique des lieux, explique la directrice de l’unité de gestion de la Mauricie et de l’ouest du Québec, Nadine Blackburn.

Cette dernière a tenu, au passage, à faire taire les rumeurs selon lesquelles le secteur de Saint-Mathieu serait fermé l’an prochain. Ce ne sera pas le cas, assure-t-elle. Les travaux qui seront à compléter, l’an prochain «auront des impacts moins grands» que ceux de cette année, assure-t-elle.

Le Centre d’accueil et d’interprétation de Saint-Jean-des-Piles sera entière remodelé à l’intérieur.

Bref, le parc national de la Mauricie se sera fait toute une beauté en vue de son cinquantième anniversaire, prévu en 2020.