Selon le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, le Ô Canada constitue le nouveau recueillement officiel du conseil municipal de Louiseville.

Le Ô Canada est là pour rester

LOUISEVILLE — Comme ce fut le cas lors de la séance du conseil municipal de Louiseville du mois dernier, le Ô Canada sera récité avant la prochaine, prévue lundi, et devrait l’être jusqu’à la fin du présent mandat.

Le maire de la localité, Yvon Deshaies, rappelle qu’une résolution a été adoptée en ce sens lors de la séance du 11 juin. Selon lui, cette pratique permet d’évoquer Dieu tout en respectant la loi.

«C’est notre façon de se recueillir maintenant», confirme-t-il.

Il semble d’ailleurs que cette décision du conseil louisevillois n’a pas soulevé les passions. Outre des commentaires sur les réseaux sociaux, notamment de la part de l’ancien candidat à la mairie Michel Thibeault, après que le maire eut récité l’hymne national canadien pour la première fois, ce dernier soutient qu’il n’a pratiquement pas été interpellé sur cette question.

«Je n’ai pas eu de commentaires, autant positifs que négatifs. Ç’a été très tranquille. Il y a une personne qui m’en a parlé lors de la [dernière] séance, mais c’est tout. De plus, il n’y a aucun autre maire qui m’a appelé. C’est un dossier clos. Louiseville a maintenant son recueillement officiel et je crois que nous sommes la seule ville au Québec», poursuit le maire.

Du côté du Mouvement laïque québécois (MLQ), on soutient ne pas comprendre les raisons pour lesquelles le maire Deshaies voulait initialement ramener la prière et celles qui l’ont motivé à opter pour le Ô Canada. Rappelons que cette organisation s’était dite en accord avec la volonté d’Yvon Deshaies d’avoir des organismes publics laïques mais ne partageait pas son point de vue en ce qui a trait aux moyens utilisés pour protester contre les accommodements religieux. Le maire Deshaies en avait contre le fait qu’une apprentie policière revendiquait le droit de porter un foulard musulman lorsqu’elle exercera sa future profession.

«Il continue de mélanger les genres. Le Ô Canada, ce n’est pas une prière. On a beau mentionner Dieu et la croix, ça n’en fait pas une prière. C’est un rappel des valeurs et des croyances de ceux qui ont fondé le pays. Si je dis que mon père allait à la messe et qu’il était catholique, ça n’en fait pas un discours religieux dans ma bouche. Il joue à un jeu un peu ridicule», mentionne le vice-président du mouvement, Daniel Baril.

Le MLQ n’a cependant aucunement l’intention de se lancer dans une bataille juridique contre le maire Deshaies comme ce fut le cas il y a quelques années lorsque l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, s’était lancé dans une croisade afin de pouvoir réciter la prière avant chaque séance du conseil.

«C’est aux citoyens de Louiseville d’essayer de lui faire entendre raison. Prendre une action contre ça, c’est perdu d’avance», poursuit M. Baril.