Signe d’une mobilisation populaire, plus d’une centaine de personnes ont choisi de s’abonner à la version papier du Nouvelliste depuis l’annonce de la restructuration de Groupe Capitales Médias.

Le Nouvelliste: une mobilisation qui se poursuit

Trois-Rivières — Le vent de solidarité qui souffle à la suite de l’annonce de la restructuration des activités des six journaux du Groupe Capitales Médias, dont Le Nouvelliste fait partie, ne semble pas vouloir s’essouffler. Seulement au Nouvelliste, plus d’une centaine de nouveaux abonnés à la version papier du journal se sont ajoutés depuis l’annonce de cette restructuration, lundi après-midi. Et pendant que les citoyens semblent se mobiliser derrière leur quotidien régional, de nombreux intervenants de la région ont souhaité aussi prendre la parole afin de soutenir cette mobilisation et réitérer l’importance d’une presse locale forte et diversifiée.

Grand Prix de Trois-Rivières

Le directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières, Dominic Fugère, n’a pas tardé à réagir en apprenant la situation qui prévalait dans les journaux de Capitales Médias, et a directement interpellé le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche afin de l’encourager à se concerter avec les maires des autres villes et municipalités qui sont desservies par l’un ou l’autre de ces journaux. Pour celui qui a commencé sa carrière de journaliste au Droit d’Ottawa-Gatineau, Dominic Fugère estime qu’on minimise les effets insidieux du manque d’information à long terme.

«On oublie vite que les médias sont les chiens de garde de la démocratie. Ça force tout le monde à marcher droit. Quand il n’y a pas de presse locale, les petits amis s’en donnent à cœur joie», image-t-il, souhaitant le maintien d’une presse diversifiée en région. «Il faut être bien naïf pour penser que nous sommes bien informés sur Facebook, parce que les algorithmes vous servent uniquement ce que vous avez envie de lire. Les médias jouent un rôle important d’offrir un contenu diversifié pour informer les gens correctement sur tous les sujets», croit-il.

Dominic Fugère

Pour le Grand Prix de Trois-Rivières, qui est couvert par des médias à travers le monde entier, la présence des médias régionaux est tout aussi importante pour les spectateurs qui assistent aux compétitions. «Pour avoir des gens dans les estrades, il faut intéresser les personnes localement, ce n’est pas compliqué», constate-t-il.

FestiVoix de Trois-Rivières

Même son de cloche au FestiVoix de Trois-Rivières qui, malgré un rayonnement national et parfois même international, ne pourrait pas se passer des médias locaux pour assurer son rayonnement dans la communauté. «C’est plus que fondamental, car même si on rayonne dans la province, on fait cet événement avec et pour notre communauté. Les médias locaux vont amener un regard différent du national, car les journalistes vont s’investir dans l’événement, prendre le temps de connaître notre dynamique, de parler des gens qui sont au cœur de nos événements. S’il n’y a pas ce lien avec la communauté, il n’y a pas d’événement», croit le directeur général du FestiVoix, Thomas Grégoire, qui ajoute trouver essentiel le regard critique qu’apportent aussi les médias locaux. «Sans ce regard, personne ne peut s’améliorer et avancer», mentionne-t-il.

Thomas Grégoire

Pour le FestiVoix, un média comme Le Nouvelliste devient également un vecteur publicitaire très important, alors que l’événement a toujours considéré la presse locale dans sa stratégie de placements publicitaires, et Thomas Grégoire croit que les organisations du milieu doivent maintenir leurs investissements dans la presse régionale en développant des partenariats.

Festival western

Avec plus de 600 000 visiteurs de partout en Amérique du Nord et même d’Europe, le Festival western de Saint-Tite est lui aussi conscient de l’impact de la presse locale sur son achalandage. «La portée des médias locaux est absolument essentielle, car une grande partie de notre clientèle provient de la région. Nous avons besoin de nos gens de la place et nous avons toujours cru au partenariat d’affaires entre la presse locale et nous. Les médias d’ici ont toujours été là aussi pour souligner nos bons coups et pour faire rayonner nos retours dans la communauté», constate le directeur général du Festival western, Pascal Lafrenière.

Pascal Lafrenière

Pour M. Lafrenière, la recette est complexe afin que la presse locale survive, mais l’implication de la communauté demeure une variable essentielle. «Avec les nouvelles technologies, les gens font des choix différents et l’industrie doit se repenser en elle-même. Mais présentement, on sent qu’il y a une prise de conscience à savoir que pour avoir du contenu régional, il y a un coût à ça. Les gens peuvent y contribuer en s’abonnant, mais il faut aussi encourager les annonceurs qui y croient et qui continuent d’investir dans la presse locale. C’est un tout», mentionne Pascal Lafrenière.

Communautaire

Le milieu communautaire serait également grand perdant de la disparition d’un quotidien comme Le Nouvelliste, croit la coordonnatrice de Comsep, Sylvie Tardif. Pour le milieu communautaire, la presse locale permet de faire connaître au public les actions, les revendications et les besoins des organismes communautaires, qui assurent bien souvent un filet social essentiel dans la communauté. «Ça a été un choc que d’apprendre ça, parce que Le Nouvelliste est toujours là, à nos côtés, pour nos événements, nos activités, nos prises de position. Bien souvent, il est arrivé que vous étiez les seuls à couvrir certaines de nos conférences de presse», note Mme Tardif.

Sylvie Tardif

Cette dernière se dit convaincue que dans le cadre d’une mobilisation régionale, le milieu communautaire serait partant pour mettre l’épaule à la roue, notamment de par sa grande capacité de mobilisation, à aider afin que l’information régionale sous toutes ses formes continue de vivre longtemps.

Rappelons que mardi, la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières a manifesté publiquement son appui indéfectible au Nouvelliste. Sa présidente Johanne Hinse a d’ailleurs pu s’entretenir avec le président-éditeur du journal, Alain Turcotte, mercredi matin. Elle entend continuer ses efforts d’information et de mobilisation auprès de ses membres.