Le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'inclusion du Québec, Simon Jolin-Barrette.

Le nombre d’immigrants accueillis au Québec pourrait chuter à 38 000 en 2019

QUÉBEC — Le nombre d’immigrants accueillis au Québec en 2019 pourrait chuter à 38 000 personnes.

Malgré la controverse, le gouvernement Legault maintient sa ferme intention de réduire d’au moins 20 pour cent le nombre d’immigrants accueillis au Québec dès l’an prochain.

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a déposé mardi à l’Assemblée nationale le document fixant le nombre maximal de nouveaux arrivants admis au Québec en 2019.

La fourchette se situe entre 38 000 et 42 000, avec un objectif de 40 000 nouveaux arrivants.

Le gouvernement fait «le choix du succès de l’immigration», a dit le ministre Jolin-Barrette, durant la période de questions, promettant du même coup d’offrir un «parcours personnalisé» aux nouveaux arrivants dans leur démarche d’intégration.

Le gouvernement Legault donne donc suite rapidement à un de ses principaux engagements de la dernière campagne électorale.

Le premier ministre François Legault a maintes fois répété que sous sa gouverne le Québec devait accueillir uniquement le nombre d’immigrants qu’il pouvait franciser et intégrer au marché du travail. «En prendre moins, pour en prendre soin», disait-il en campagne, ajoutant que la réduction serait «temporaire».

Le Québec a accueilli plus de 52 000 immigrants en 2017 et devrait en compter entre 50 000 et 53 000 en 2018, peut-on lire dans le document de huit pages publié mardi.

L’orientation prise par Québec en cette matière risque de se transformer en pomme de discorde avec Ottawa, où on tient plutôt un discours d’ouverture aux étrangers, particulièrement en cette période de pénurie de main-d’oeuvre.

L’immigration est de compétence partagée, ce qui complique les choses, puisque Québec veut réduire la proportion de nouveaux arrivants d’au moins 20 pour cent dans chacune des trois grandes catégories: les immigrants économiques, la réunification familiale et les revendicateurs du statut de réfugié.

Or le Québec ne contrôle qu’une des trois catégories: les immigrants économiques.

Des négociations sont en cours entre Québec et Ottawa dans ce dossier.

En Chambre, durant la période des questions, le premier ministre Legault a calculé que chaque année «10 000» immigrants quittaient le Québec parce qu’ils ne trouvaient «pas d’emploi intéressant».

Il a dit qu’il fallait mieux sélectionner les nouveaux arrivants, en fonction des besoins des entreprises.

La porte-parole libérale en immigration et en économie, Dominique Anglade, a reproché au gouvernement de réduire l’immigration alors que «le Québec est en pleine pénurie de main-d’oeuvre».