Moins de plantations de cannabis extérieures ont été visitées par les policiers de la Sûreté du Québec l’an dernier. Près de 110 000 plants ont été éradiqués en 2018-2019.

Le nombre de saisies extérieures en chute libre

Trois-Rivières — Le nombre de plants de cannabis éradiqués à l’extérieur par la Sûreté du Québec a connu une baisse draconienne l’an dernier. En effet, 108 450 plants ont été saisis en 2018-2019 (du 31 mars au 1er avril) dans l’ensemble de la province contre 291 526 en 2017-2018, soit une baisse de 63 %.

En 2016-2017, c’est 176 389 plants qui avaient été découverts par les forces de l’ordre dans des plantations extérieures.

«Il y a différents facteurs qui peuvent expliquer cette différence dont entre autres le nombre d’heures de vol disponibles pour détecter les plants du haut des airs. Aussi, ce qui influence beaucoup les résultats, ce sont les informations acheminées par le public qui peuvent fluctuer d’une année à l’autre», explique le lieutenant Hugo Fournier, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Différents autres éléments peuvent avoir un impact sur ces chiffres, ajoute-t-il, par exemple, le cannabis saisi en vrac n’est pas comptabilisé dans ces statistiques. Ainsi, si les opérations d’éradication ont lieu plus tard en saison, les chances de saisir des quantités en vrac plutôt que des plants augmentent.

Avec la légalisation, est-ce que les producteurs auraient tout simplement décidé de quitter les champs? Difficile pour l’instant d’établir un état de la situation, note le lieutenant Fournier.

Par ailleurs, la récolte de l’an dernier semble encore plus mince lorsqu’on la compare aux belles années de l’opération Cisaille au début des années 2000.

En 2004, par exemple, d’avril à octobre, plus de 147 000 plants de cannabis avaient été saisis uniquement en Mauricie–Centre-du-Québec, ce qui inclut toutefois des saisies en serre.

Au cours de la même période, le poste de la MRC Nicolet-Yamaska avait éradiqué à lui seul plus de 56 000 plants.

Lors d’une seule journée d’éradication, toujours en 2004, près de 62 000 plants avaient été détruits par les forces de l’ordre dans l’ensemble de la province, dont 12 000 uniquement dans la région.

Depuis, les producteurs ont raffiné leurs méthodes. Il y a eu une transition vers les serres intérieures et, à l’extérieur, les plants sont souvent dispersés en petits îlots, ce qui complique leur détection.

Est-ce que les policiers consacreraient moins de ressources financières à l’éradication des plants? Il n’y a pas de chiffres récents disponibles concernant les dépenses pour ces opérations, mais il y a eu une baisse par les années passées. Ainsi lors de l’année financière 2008-2009, 740 297,86 $ avaient été consacrés à l’opération Cisaille. Ce montant était de 455 221,28 $ en 2015-2016, ce qui est la donnée la plus récente disponible, soit une diminution de près de 39 %.