Keven Michaud, coordonnateur d’équipe des Petits Frères de Trois-Rivières, en compagnie de son Vieil Ami, Claude Viens.

Le Noël des Petits Frères et de leurs «Vieux Amis»

Trois-Rivières — Le 25 décembre, un Noël bien particulier avait lieu à la résidence Chartwell Jardins Laviolette, celui des Petits Frères de Trois-Rivières et de leurs Vieux Amis. L’organisme organisait une fête pour des personnes âgées vivant seules et qui n’ont pas la chance, sans ses bénévoles, de vivre cet événement en famille.

Une soixantaine de personnes, Petits Frères et Vieux Amis confondus, étaient présentes à cette fête intergénérationnelle. Après la messe, un repas a été servi à tous, suivi par de la musique et la remise de cadeaux aux personnes accompagnées par l’organisme. Le but de l’événement est le même que la mission des Petits Frères: briser l’isolement des personnes âgées, dont un grand nombre vivent seules, qui n’ont pas ou peu de contact avec leur famille.

«On recrée une famille autour de ces gens-là afin de briser leur isolement, explique Keven Michaud, coordonnateur d’équipe des Petits Frères de Trois-Rivières. Et chaque année, on reçoit nos Vieux Amis pour le 25 décembre, pour leur procurer un Noël en famille.»

En plus de cette fête, plusieurs bénévoles sont allés chez des personnes âgées dont l’état de santé ne leur permet plus de se déplacer, du 21 au 25 décembre. Les 85 bénévoles de l’organisme ont tous mis la main à la pâte pour offrir leur présence, le plus beau des cadeaux, selon Keven Michaud.

«Le don du temps, c’est un cadeau qui ne s’achète pas. C’est un cadeau qui se vit avec les Vieux Amis. Ils sont tout seuls 365 jours par année, alors d’avoir quelqu’un qui se déplace pour aller les voir, pour être avec eux et entendre ce qu’ils ont à dire, c’est sans doute le plus beau cadeau qu’on peut leur faire», soutient-il.

Les Petits Frères de Trois-Rivières ont convié leurs Vieux Amis à la résidence Chartwell Jardins Laviolette, mardi, pour une fête de Noël.

Reconnue comme un être humain

Yvette était manifestement très heureuse d’être à cette fête et très reconnaissante envers les Petits Frères. «Je ne me sens pas toute seule, pas isolée, se réjouit-elle. J’ai l’impression d’être reconnue comme un être humain. C’est une impression qu’on n’a à aucune autre place.»

«Pas juste l’impression: vous êtes des êtres humains», la corrige amicalement la Petite Soeur Diane Archambault, assise à ses côtés. Cette dernière organise chaque mois des cafés rencontre entre Petits Frères et Vieux Amis à Trois-Rivières, sur un thème différent d’une rencontre à l’autre. «On reproduit l’esprit de famille, ajoute-t-elle. Et je crois qu’on en retire bien plus encore que nos Vieux Amis: c’est inestimable, la valeur que ça a d’être en contact avec des années d’expérience et de pouvoir les écouter.»

Petits Frères recherchés

Keven Michaud tient le même discours que Diane Archambault: il y a beaucoup à gagner en donnant de son temps comme Petit Frère.

«C’est le commentaire qui revient le plus souvent: je gagne beaucoup plus que ce que je donne en étant bénévole chez vous. D’arriver chez un vieil ami, de voir son sourire et ses yeux s’illuminer, ça donne beaucoup de valorisation aux bénévoles. Les Vieux Amis sont reconnaissants, c’est ‘‘win-win’’.»

Le coordonnateur espère d’ailleurs convaincre davantage de personnes de devenir bénévoles pour l’organisme, puisque les besoins sont grands.

«On a des gens qui sont sur une liste d’attente», souligne-t-il. Bien qu’un tel engagement ne demande qu’une visite aux 15 jours au Vieil Ami avec qui le bénévole est jumelé, il doit être sérieux: au minimum un an, pour avoir le temps de créer un lien de confiance. «Le seul critère pour être Petit Frère, c’est d’être une personne de cœur et d’avoir à cœur les aînés», conclut M. Michaud.