Didier Mercadal, fondateur de la Ligue des Héros, et Henri Provencher, président de la Fondation Cédrika Provencher, lors du Noël des Héros.
Didier Mercadal, fondateur de la Ligue des Héros, et Henri Provencher, président de la Fondation Cédrika Provencher, lors du Noël des Héros.

Le Noël des Héros: Superman et ses complices pour outiller les enfants

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Superman, Moana, Wonder Woman et autres Spider-Man s’étaient donné rendez-vous samedi, à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières, à l’invitation de la Fondation Cédrika Provencher, pour venir à la rencontre de dizaines d’enfants et de parents, dans le cadre du Noël des Héros. L’idée était de joindre l’imaginaire du monde des superhéros et la sensibilisation à la réalité entourant les enlèvements et les disparitions d’enfants.

Lui-même père d’une fillette de six ans, Didier Mercadal, Superman du jour et fondateur de la Ligue des Héros, dit constater que beaucoup reste à faire sur le front de la sensibilisation à la prudence quant à la menace d’enlèvements. «On se rend compte, à travers les événements publics où on apparaît, qu’il y a encore beaucoup de négligence de la part des gens vis-à-vis leurs enfants», raconte le comédien. 

Sensible à la cause de la Fondation Cédrika Provencher, c’est donc bénévolement que la Ligue des Héros participe au Noël des Héros. Ils étaient des dizaines de personnages, père Noël inclus, à allez au-devant des enfants, pour les amuser et pour véhiculer le message de prudence. «À partir du moment où c’est un superhéros qui s’adresse aux enfants, ou aux gens, le message est extrêmement bien perçu», soutient M. Mercadal. 

La Ligue des Héros et la Fondation Cédrika Provencher n’en étaient pas samedi à leur première collaboration. La troupe trifluvienne avait en effet collaboré à la campagne de financement menée dans le cadre de la dernière Journée mondiale de prévention des enlèvements d’enfants. Une affiche avait alors été produite, mentionnant quelque 45 règles de prévention. D’aspect ludique, celle-ci pouvait être conservée par les enfants, explique M. Mercadal. «La culture populaire met à notre disposition un outil fort de symboles et de valeurs. C’est quelque chose qui est très positif les héros et les princesses», maintient le Superman.

Les défis d’une fondation

Rencontré à quelques minutes de l’ouverture de l’événement de samedi, tandis que des dizaines de familles se massaient déjà aux portes, Henri Provencher, président de la fondation qui porte le nom de sa regrettée petite-fille, était sollicité de toutes parts. Visiblement heureux du succès de la journée qui s’annonçait – environ 200 billets avaient déjà trouvé preneurs –, l’homme ne cache cependant pas que les défis de la Fondation demeurent importants.

Largement tributaire d’énergie bénévole, la Fondation aspire à davantage de stabilité dans le suivi des dossiers, notamment par l’embauche d’employés permanents, par le biais de subventions salariales. «On est tanné de tourner en rond, c’est tout du bénévolat ce qu’on fait. Tu recommences avec une, tu recommences avec l’autre», relate Henri Provencher. 

À l’heure actuelle, explique le président, trois postes sont pourvus. Pour appuyer ces chargés de projet, on aimerait leur adjoindre un responsable du financement et un responsable des communications ou des outils informatiques. Or, malgré les subventions, la Fondation doit débourser quelque 2000$ par poste, pour un contrat de six mois, afin d’assumer les différentes charges reliées à l’emploi, soutient M. Provencher.

Ces différents obstacles font que des projets demeurent en attente de démarrage. «On a des projets, ils sont là, ils sont latents. Il y des enfants qui sont prêts à embarquer avec nous dans des projets, mais je n’ai pas le temps de m’en occuper, je n’ai pas douze mains , je n’ai pas quatre têtes», se désole-t-il. L’accent est donc mis à l’heure actuelle sur la recherche de subventions visant à assurer un suivi sur les «millions d’idées» qui n’aspirent qu’à voir le jour, conclut M. Provencher.