De gauche à droite: Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, Valérie Therrien, directrice générale du Musée POP et Laurent Cabana, directeur général adjointe de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.
De gauche à droite: Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, Valérie Therrien, directrice générale du Musée POP et Laurent Cabana, directeur général adjointe de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Le Musée POP devient propriétaire de la collection Robert-Lionel-Séguin [VIDÉO] 

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Une collection montée en 30 ans par le professeur Robert-Lionel Séguin, comportant plus de 22 000 objets ethnologiques témoignant de la vie au Québec entre 1850 et 1950, est maintenant la propriété du Musée POP.

C’est un financement de 350 000 $ sur trois ans du ministère de la Culture et des communications accordé au Musée POP qui aura permis à l’UQTR de faire don de cette collection qu’elle avait en sa possession depuis 1983.

Cette entente survient après des années de discussions entre l’UQTR et (autrefois) le Musée des arts et traditions populaires, soit depuis la fin de leur entente, le 30 octobre 2003.

Rappelons que l’UQTR, aux prises avec d’importantes coupes budgétaires au cours des dernières années, ne pouvait plus fournir les compensations financières qui auraient permis au Musée de poursuivre sa gestion de la collection RLS. C’est pour cette raison que l’Université était prête à céder sa collection. En 2015, l’ancien Musée québécois de la culture populaire avait indiqué au Nouvelliste que les coûts associés à la gestion de cette collection étaient en effet de 140 000 $ en moyenne par année.

«Les planètes se sont alignées entre le ministère de la Culture, le Musée et nous pour permettre que le transfert se fasse de façon à mettre la collection en valeur», indique le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon.

«C’est une journée historique», se réjouit la directrice du Musée POP, Valérie Therrien. Devenir propriétaire de cette collection «vient asseoir la crédibilité nationale de notre mission. Nous avons une collection qui est classée, c’est-à-dire que le ministère de la Culture et des Communications reconnaît qu’elle a une valeur patrimoniale pour notre peuple et les générations futures», dit-elle.

Rappelons que la réserve du Musée POP, où sont conservées les collections, dont celle-là, est située dans un bâtiment sur le boulevard des Forges. La Commission scolaire du Chemin-du-Roy, propriétaire du terrain et du bâtiment en question, a récemment reconduit son bail emphytéotique pour 25 ans.

Cela permettra au Musée POP de réaménager les lieux et de procéder à la mise à niveau des installations où logent les quelque 100 000 objets de ses diverses collections.

Cette entente comprend également un volet éducatif, puisqu’une entente de partenariat entre le Musée et la Commission scolaire permettra d’élaborer le programme scolaire annuel, l’accueil des élèves du primaire et du secondaire, dont une visite exclusive de la réserve muséale (une classe par année) habituellement non accessible au public, sans compter la mise en valeur de projets artistiques réalisés dans le cadre de cours d’arts plastiques.

Le Musée POP, qui mettait déjà en valeur la collection RLS, pourra désormais assurer aussi sa mise à niveau. Par exemple, la collection a été documentée avec les normes des années 1980, illustre Mme Therrien. Il y aura également des démarches de restauration, de documentation et d’amélioration des champs d’études.

Cette collection comprend de l’ameublement, des objets personnels, des outils et équipements employés par divers métiers, dont l’agriculture, des objets de communication, de transport, de récréation, commémoratifs, des œuvres d’art, des emballages et contenants, quincaillerie de bâtiment, objets médicaux, de même que sept bâtiments, soit une maison construite en 1854, deux laiteries, un séchoir à maïs, une baraque à foin, une écurie à encorbellement et une porcherie à toit de chaume qui se trouvent dans la cour arrière du Musée POP.

Le marche-à-terre, pièce centrale de la collection RLS qui représente aussi l’élément vedette du Musée POP, est une réplique de modèles utilisés en Angleterre et aux États-Unis au milieu du XVIIIe siècle. En collaboration avec le DigiHub de Shawinigan et leur projet conjoint, le Muséolab, le Musée POP a modélisé l’usage de cet objet qui servait à la mouture. La Musée POP souhaite continuer à se servir de ces technologies pour remettre les objets en contexte et montrer leur utilité. Un jeu numérique a d’ailleurs été créé à partir de cette approche afin de permettre aux enfants de découvrir le Musée sous un angle ludique.