Des travaux de sécurisation du mur de l’ancienne usine Belgo de Shawinigan ont commencé ce lundi et se poursuivront jusqu’à la fin de la présente semaine.
Des travaux de sécurisation du mur de l’ancienne usine Belgo de Shawinigan ont commencé ce lundi et se poursuivront jusqu’à la fin de la présente semaine.

Le «mur de la honte» de la Belgo démoli avant l’hiver

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le ministère des Transports a indiqué, lundi, que le mur de l’ancienne usine Belgo à Shawinigan sera démoli avant l’hiver.

Une demande formelle a en effet été envoyée au propriétaire de l’ancien site industriel, l’entreprise Recyclage Arctic Béluga. L’entreprise de Shawinigan a jusqu’au 23 octobre pour entamer la démolition de la structure. Si elle ne se conforme pas à cet avis – un scénario prévisible en raison du silence radio de ses dirigeants depuis plusieurs années – le ministère des Transports (MTQ) pourra faire réaliser les travaux à ses frais, et ce, en vertu de la Loi sur la voirie. La facture lui sera envoyée par la suite…

Nul doute que cette annonce a fait grandement plaisir au maire de Shawinigan, Michel Angers. Ce dernier avait fait plusieurs sorties relativement à ce dossier au cours des derniers mois, allant même jusqu’à qualifier cette vétuste construction de «mur de la honte». Ayant récemment indiqué qu’il doutait que la démolition se fasse avant la fin de 2020, il accueille donc très positivement l’engagement du MTQ qui fera en sorte que ce vestige du passé industriel shawiniganais deviendra qu’un souvenir, et ce, avant le 21 décembre prochain.

«Mon inquiétude était toujours reliée au gel et au dégel. Il était plus que temps que ça disparaisse», a-t-il déclaré.

Selon le MTQ, la démolition du mur représente la dernière étape dans le processus entamé à l’automne 2019 afin de sécuriser ce tronçon de la route 153, qui porte également le nom de boulevard Pie-XII.

Des travaux de sécurisation de la construction ont d’ailleurs commencé ce lundi et se poursuivront jusqu’à la fin de la présente semaine. De plus, une voie sera retranchée de manière préventive jusqu’à ce que les travaux de démolition soient terminés. La circulation s’y fera donc par alternance.

D’autres interventions avaient également été effectuées dans le passé, notamment en décembre 2019 et en mai 2020.

La porte-parole du MTQ, Roxanne Pellerin, tient à rappeler que le ministère n’est pas propriétaire ni responsable du mur de l’ancienne usine Belgo et que chaque action est posée conformément aux dispositions légales applicables.

Par ailleurs, le MTQ soutient qu’il travaille en concertation avec le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques dans ce dossier. Cet autre ministère a d’ailleurs récemment octroyé le contrat pour la caractérisation environnementale complémentaire du site à la suite d’un appel d’offres à l’entreprise montréalaise GBI Experts-Conseils pour 225 523 $.

En plus d’enlaidir le paysage de l’une des principales entrées de Shawinigan, le «mur» a causé des désagréments à des automobilistes au cours des derniers mois. En mai dernier, deux automobilistes qui circulaient sur le boulevard Pie-XII ont vu leur pare-brise être endommagé par une brique provenant de la structure. Un événement semblable s’était également produit en juillet 2019. Les victimes des deux récents incidents ainsi que le maire Angers avaient pointé l’état de la structure comme cause de ces malheurs.

Or, la Sûreté du Québec (SQ) avait ouvert une enquête sur un lien possible entre la présence d’individus sur le site de l’ancienne papeterie et les dommages subis aux pare-brise de deux automobiles à quelques minutes d’intervalle, le 16 mai en matinée. L’enquête n’a cependant pas permis de soumettre un dossier de méfaits au Directeur des poursuites criminelles et pénales.