Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe, deux mois après que Québec et Ottawa se sont engagés à reconnaître la contribution de ces «anges gardiens».
Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe, deux mois après que Québec et Ottawa se sont engagés à reconnaître la contribution de ces «anges gardiens».

Le mouvement pour régulariser les demandeurs d’asile craint de passer à la trappe

MONTRÉAL - Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe, deux mois après que Québec et Ottawa se sont engagés à reconnaître la contribution de ces «anges gardiens».

Un sit-in a été organisé dans la nuit de vendredi à samedi devant le bureau de circonscription du premier ministre Justin Trudeau, à Montréal, et devait être suivi d’une manifestation en début d’après-midi, tandis que les militants comptent faire monter la pression pour que les deux ordres de gouvernement passent de la parole aux actes.

Le mois d’août sera «critique» pour leur mobilisation, selon l’organisateur de l’événement, Wilner Cayo. Le président du groupe Debout pour la dignité craint que l’arrivée de la nouvelle cohorte de préposés aux bénéficiaires fasse sombrer dans l’oubli les revendications de ceux qui ont répondu présents au plus fort de la crise de la COVID-19, même si le Québec ne leur avait pas définitivement ouvert les bras.

À la fin mai, François Legault avait annoncé avoir demandé au ministre de l’Immigration de l’époque, Simon Jolin-Barrette, de se pencher sur les dossiers de ces travailleurs du domaine de la santé et vérifier s’il serait possible de les qualifier comme immigrants plutôt que réfugiés. Quelques jours plus tard, Justin Trudeau avait pour sa part laissé savoir que son gouvernement était déjà à l’oeuvre pour récompenser les demandeurs d’asile en première ligne.

Des manifestants se sont rendus devant les bureaux de comté du premier ministre Justin Trudeau, à Montréal.

Mais ces promesses ne se sont toujours pas matérialisées.

«Les gouvernements peuvent vite changer de priorités, surtout si l’opinion publique change et les gens passent à autre chose, souligne Wilner Cayo. Nous devons intensifier nos actions, faire passer avec le plus de force possible nos messages.»

Le mouvement envisage maintenant des actions plus draconiennes, comme un débrayage ou même une grève de la faim, avance le militant, qui ne compte pas relâcher la pression avant la mise en place d’un véritable programme de régularisation.

Les manifestants réclament que la résidence permanente ne soit pas exclusivement accordée aux demandeurs d’asile venus au secours des personnes âgées dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée, mais bien à tous ceux qui occupent des emplois décrétés comme étant essentiels durant la pandémie, que ce soit dans les champs, les entrepôts ou les épiceries par exemple.

Le mouvement pour la régularisation des travailleurs essentiels qui demandent l’asile craint de passer à la trappe

Le gouvernement de François Legault a lui-même dressé la liste des secteurs d’activités indispensables et il devrait s’y tenir, plaide le Dr Cayo.

Il invite les Québécois à «ouvrir leurs yeux et leur coeur» pour reconnaître la contribution de ces travailleurs et les accueillir pour de bon dans la province.

«Ces gens ne demandent pas la charité. Ils ne sont pas venus quémander. Ils sont venus dire: ‘’Au moment où vous aviez besoin de nous, nous avons répondu présents. Mais maintenant, nous avons besoin de vous.’’»