Michel Letarte
Michel Letarte

Le milieu de l’événementiel... sans événements!

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières - Normalement, les vendredis et samedis de décembre sont fort occupés pour Michel Letarte qui multiplie les tours de chants au gré des partys. «Mais là, je n’ai aucun contrat aux Fêtes, tout rassemblement étant interdit. Habituellement, décembre est plein, parfois, les jeudis s’ajoutaient. À la fin novembre, on commençait à faire des animations. J’en ai fait l’année passée et là, je n’en ai aucune cette année», raconte l’ancien policier qui se bute à des fermetures prolongées au moins jusqu’au 11 janvier 2021.

Par exemple, l’an dernier, il avait fait un spectacle lors de deux partys de compagnies à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan et ce, devant des centaines de personnes. Et au Jour de l’An, il avait livré une prestation au Resto-Bar Le Brasier 1908.

«Cette année, niet, on n’aura pas ça. On essaie d’inventer quelque chose au niveau virtuel, mais des Facebook live et des virtuels, ça a sa limite et ce n’est pas ça qui est le plus payant. Ce qui est payant, c’est un contrat quand tu vas performer sur une scène», raconte M. Letarte.

Même s’il perd des revenus, le propriétaire d’Écobyke a une pensée pour le Complexe Laviolette qui doit, en plus, «continuer à payer ses affaires, sa salle, son hypothèque, ses assurances».

Et pour Décoralium, l’absence d’événements durant la période des Fêtes représente autant d’occasions manquées pour proposer ses services. «Un paquet de fournisseurs sont rattachés à l’entreprise», fait remarquer M. Letarte.

Déjà, au début octobre, tous ces intervenants avaient lancé un cri du cœur en rappelant que la période des Fêtes représentait un pourcentage de revenus important pour le milieu événementiel.

«Nous sommes inquiets et avons à coeur la survie de nos entreprises. Nous avons aussi besoin d’une aide financière équitable et adaptée à notre domaine de l’événementiel», avaient-ils plaidé auprès du gouvernement.

Des revendications qu’ils ont eues l’occasion de répéter lundi dernier, lors d’une rencontre avec le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

«On a peu de nouvelles mesures qu’on voit apparaître. Le ministre a pris le temps de nous rappeler les différentes mesures qui sont en place. Il n’y a pas de mesures particulières pour l’événementiel. Il a été très honnête, il nous l’a dit. C’est difficile pour le gouvernement de mettre en place des mesures spécifiques à chaque domaine. C’est tout le monde qui est en demande», rapporte M. Letarte.

Ce qui n’empêche pas son groupe de continuer à demander de l’aide. «Nous autres, on persiste et signe. Fin novembre et décembre, c’était la manne pour le milieu événementiel. Il y a des gens qui ne réussiront pas à passer au travers. On en voit déjà qui lancent la serviette et qui disent: je ne serai pas capable », a-t-il conclu.