Le microcochon Bacon avait fait sensation lors de son passage à l'hôtel de ville de Trois-Rivières l'été dernier.

Le microcochon Bacon est un animal de compagnie

La propriétaire du microcochon Bacon, Catherine Richard-Daigneault, a finalement eu gain de cause et pourra le garder avec elle.
Le microcochon Bacon et sa maîtresse, Catherine Richard-Daigneault, avaient rencontré le maire Yves Lévesque après une séance du conseil municipal l'été dernier.
Dans un jugement rendu la semaine dernière, la cour municipale de Trois-Rivières a statué qu'un microcochon n'a pas les caractéristiques d'un animal de ferme, mais plutôt celles d'un animal de compagnie.
Pour cette raison, la maîtresse de Bacon a été acquittée d'avoir gardé un animal de ferme à l'extérieur de la zone agricole, une infraction contenue dans le Règlement municipal de la Ville de Trois-Rivières et pour laquelle Mme Richard-Daigneault avait reçu deux constats. La Société protectrice des animaux de la Mauricie lui avait également ordonné de se départir de son animal.
«Ce qui est problématique dans le présent cas, c'est l'idée qu'on se fait généralement d'un cochon, qu'on se représente comme un animal de ferme et le tribunal voit mal comment on pourrait songer à garder un cochon, animal de ferme, dans sa maison, d'en faire un animal de compagnie au point de le laisser coucher dans son lit; le législateur n'y a pas songé davantage.
C'est là que le bât blesse; la société évolue à la vitesse grand V et le législateur n'a pas vu qu'un jour quelqu'un jouerait dans les gènes du cochon pour le naniser, le miniaturiser, le domestiquer et en faire un animal de compagnie», peut-on lire dans le jugement rendu par le juge Jocelyn Crête.
Il n'a pas été possible de s'entretenir avec la propriétaire de Bacon afin d'obtenir ses commentaires sur la conclusion de cette histoire. Mais par l'entremise du réseau social Facebook, elle a fait part de sa satisfaction relativement à cette décision.
«Je suis sereine, Bacon a sa place reconnue à la maison avec sa famille. Le quotidien de tous les propriétaires de microcochons domestiques se fera dorénavant dans la quiétude et non dans la peur de se faire bannir de chez soi simplement sous prétexte que sa bête porte le nom de cochon plutôt que chien ou chat», écrit-elle.
Du côté de la Ville, on indique que cette décision de la cour municipale vient clore le débat.
«Comme le maire s'y était engagé, nous allons respecter le jugement rendu par la cour municipale. Nous n'avons donc pas l'intention d'aller en appel dans ce dossier et nous allons nous conformer au jugement», explique la porte-parole de la Ville, Cynthia Simard.
Cette dernière n'était toutefois pas en mesure de confirmer si la Ville allait amender son règlement municipal afin d'y ajouter les cochons miniatures comme faisant partie de la liste exhaustive des animaux considérés comme étant domestiques.
Toutefois, le jugement devrait forcément faire jurisprudence en la matière pour la Ville de Trois-Rivières. «Si des cas similaires devaient se présenter de nouveau, la jurisprudence s'appliquerait. Dans cette logique, nul besoin de modifier le règlement municipal», ajoute-t-elle.
On se souviendra que Catherine Richard-Daigneault avait fait une intervention remarquée lors d'une séance publique du conseil municipal l'été dernier alors qu'elle réclamait que les élus fassent preuve de tolérance face à son animal. Le maire Yves Lévesque avait indiqué ne pas être insensible à sa demande, bien que le règlement ait été appliqué dans ce cas précis en raison d'une plainte logée par un voisin. Elle avait également lancé une pétition via le site change.org qui avait recueilli plus de 3300 signatures.
Éleveuse de cochons domestiques depuis plus de six ans et ayant vendu Bacon à Mme Richard-Daigneault, Valérie Larose St-Louis s'est dite quant à elle très heureuse de cette décision. Elle estime qu'elle aura pour effet de pousser plus de familles à opter pour un microcochon comme animal de compagnie.
«Il y a beaucoup de personnes qui étaient intéressées en raison de leurs allergies aux chiens et aux chats, mais qui hésitaient en raison de cette histoire-là», affirme celle qui a témoigné lors du procès.
Le conseiller municipal Jean-François Aubin, qui avait accompagné la citoyenne dans ses démarches, s'est dit heureux du dénouement de l'histoire. La propriétaire de Bacon a d'ailleurs remercié le conseiller, via sa page Facebook.
«Certains citoyens ont des gros chiens qui jappent très fort, est-ce que c'est moins pire qu'un cochon domestique? Il y a des organismes responsables, des fermes d'élevage de cette race et je crois qu'avec des balises et des règles claires, ça peut être bien encadré», indique celui qui croit que la Ville aurait tout avantage à l'inclure de façon précise dans son règlement municipal pour éviter toute ambiguïté ou toute confusion.