Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), entourée d’une centaine de photos grandeur nature de patients.
Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), entourée d’une centaine de photos grandeur nature de patients.

Le manque d’infirmières au centre Dalcourt dénoncé

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — Identifié parmi les CHSLD du Québec ayant un des pires ratios patients-professionnelles en soins, le centre Avellin-Dalcourt de Louiseville a été le théâtre jeudi d’une manifestation syndicale dénonçant le manque de personnel durant le quart de nuit.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a publié il y a trois semaines son palmarès des pires ratios. Le centre Avellin-Dalcourt se classe au sein des établissements ayant un ratio dangereux, soutient la FIQ, avec une infirmière et trois infirmières auxiliaires pour prendre soin de 116 résidents.

«C’est tout le temps comme ça, la nuit. Des fois, il n’y a même pas d’infirmière sur place, il y a une infirmière de garde et s’il arrive un pépin, on la contacte par téléphone. Pour 116 résidents, ça prend au minimum deux infirmières et trois infirmières auxiliaires. On veut s’assurer de pouvoir être capable de donner les meilleurs soins aux patients», déclare Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), présente à cette manifestation qui a réuni des professionnelles en soins durant leur pause du dîner.

Les syndiqués avaient d’ailleurs planifié une mise en scène pour leur manifestation. Quelque 100 photos grandeur nature de patients étaient disposées sur le terrain de l’établissement. On voulait ainsi démontrer ce que ça représente pour une infirmière d’être seule à prendre soin d’autant de personnes.

Quelque 100 photos grandeur nature de patients étaient disposées sur le terrain de l’établissement.

Le plaidoyer de la FIQ est toujours le même. Fonctionner avec du personnel réduit porte atteinte à la sécurité et à la santé des patients.


« Il y a des patients avec de gros troubles cognitifs. Ça demande plus de soins. S’il arrive une urgence, ce sont les patients qui écopent. »
Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec

«À cet endroit, la clientèle est lourde, indique Mme Perron. Il y a des patients avec de gros troubles cognitifs. Ça demande plus de soins. S’il arrive une urgence, ce sont les patients qui écopent.»

La santé et la sécurité des patients sont des éléments sur lesquels tape la FIQ pour amener le gouvernement à ajouter du personnel. Mais la santé et la sécurité des travailleurs sont aussi en jeu. Le fait de travailler à personnel réduit alourdit la tâche et conduit plusieurs professionnelles en situation d’épuisement. Une infirmière auxiliaire sur trois serait absente de cet établissement pour cause de maladie ou d’épuisement.

«Quand on presse le citron, ça rend les gens malades, raconte la présidente syndicale. Le bon ratio offre des conditions de travail décentes. Depuis qu’on a fusionné les établissements, tout le monde tire de son côté quand on parle d’embauche. Les régions rurales écopent. Les plus petits milieux ont besoin d’être plus attractifs pour garder leur personnel. Quand on travaille dans de telles conditions, ça n’aide pas à la rétention.»

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec se dit consciente du travail effectué par ses employés dans des conditions exigeantes et reconnaît que ceux-ci sont fortement sollicités. Rappelant que le défi de main-d’œuvre existe depuis longtemps, le CIUSSS affirme avoir mis en place différentes mesures visant à améliorer les conditions de travail, comme l’offre de postes à temps complet si cela est le désir du travailleur et une gestion de proximité avec les équipes dans le but de contribuer à la rétention du personnel. Ces mesures s’ajoutent au recrutement de plus de 1000 personnes depuis le mois de mars et au lancement de deux cohortes de formation accélérée pour les préposés aux bénéficiaires.

«Nous sommes conscients que plusieurs actions de revendication par rapport aux conditions de travail ont été posées dernièrement. Nous sommes à l’écoute des messages qui nous sont communiqués et nous sommes confiants de pouvoir améliorer la situation en continuant notre collaboration avec nos partenaires syndicaux et notre personnel», déclare par courriel Kellie Forand, agente d’information du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.