Jean-François Morand

Le maître des glaces

Dans l’univers du golf et du curling en Mauricie, presque tout le monde connaît Jean-François Morand. Jeune, ses parents lui ont transmis leur passion pour les deux disciplines, eux qui étaient des membres fondateurs du Club de golf et de curling de Shawinigan-Sud. Il a grandi en alternant la pratique de ces deux sports, qui meublent encore son quotidien aujourd’hui, autant sur le plan professionnel que de l’implication sociale.

Directeur général du Club de golf Sainte-Flore depuis 28 ans, notre Tête d’affiche occupe aussi les fonctions de président au Club de curling Grand-Mère. Il en est à sa dixième année à la tête du conseil d’administration de l’organisme, dont les activités rassemblent environ 250 membres.

En décembre 2007, un incendie avait détruit les installations du mythique club. On craignait d’ailleurs pour la survie du curling dans ce secteur pourtant reconnu pour son amour des pierres et des brosses. Grâce à l’appui de la Ville de Shawinigan et du gouvernement provincial, Jean-François Morand et neuf autres mordus ont célébré, quelques années plus tard, l’ouverture du Centre municipal de curling, qui jouxte l’Aréna de Grand-Mère. Désormais reconnue partout au Québec et même à travers le pays, l’enceinte a accueilli le Championnat canadien junior de curling en janvier. Elle sera l’hôte des finales provinciales au début de 2019.

«La qualité de nos installations attire le monde», mentionne fièrement celui qui fut d’abord simple joueur, avant de devenir technicien de glace de renommée nationale, puis bâtisseur. C’est en 1983 que son intérêt pour la technique de glace est né. «Les conditions de jeu à l’époque n’étaient pas optimales partout. On misait trop souvent sur la chance plutôt que sur les bons coups pour gagner des matchs! Je compare souvent le curling au billard: tu as beau être un joueur redoutable, si la table n’est pas au niveau, tu vas avoir des problèmes.»

Dans les années 80, André Ferland, qu’il considère comme un mentor, lui a offert l’opportunité de convertir des glaces d’arénas pour la pratique du curling, dans le cadre de certaines compétitions. À l’époque, Jean-François Morand s’intéressait au processus, étudiant notamment le travail accompli à ce chapitre par les voisins ontariens. «Il y a eu une spécialisation par rapport à la technique des glaces au cours de cette décennie. J’ai converti mes premières glaces à Saint-Louis-de-France en 1984. Quelques années plus tard, j’étais responsable du volet curling aux Jeux du Québec de Shawinigan de 1991.»

Le même mandat lui a été confié pour le Championnat canadien junior de 1993, à Trois-Rivières. Six ans plus tard, c’est sur la scène internationale qu’il pouvait partager son savoir-faire, lors du Championnat mondial à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Il fut aussi assistant au technicien en chef pendant un tournoi du Brier, à Ottawa, avant de prendre les responsabilités de technicien en chef au Mondial junior de 2004, à Trois-Rivières, avec l’équipe d’Alain Boucher, «un organisateur hors pair et un grand visionnaire».

«J’ai beaucoup voyagé jusqu’en 2007. En excluant certaines dépenses qu’on nous remboursait, j’ai toujours fait ça de manière bénévole et par passion. Ma paie, c’était la reconnaissance des joueurs en lien avec la qualité de nos glaces.»

Le Shawiniganais a vu son sport se perfectionner dans les 30 dernières années. Les instruments pour assurer une surface de jeu digne de ce nom ont également évolué. «Les connaissances des meilleurs techniciens sont encore plus raffinées aujourd’hui, il y a une belle relève, on s’assure de garder un niveau d’excellence. Les brosses et les pierres ont changé et les glaces ont aussi été adaptées.»

À l’échelle locale, Jean-François Morand souhaite maintenant s’attaquer au défi de la relève. Il a bon espoir d’enrôler davantage de jeunes dans les installations du secteur Grand-Mère. «Je suis bien entouré pour y parvenir»

En parallèle de ses occupations sportives, Jean-François Morand planche actuellement sur un projet de construction de logements afin de répondre aux besoins des personnes présentant une déficience intellectuelle, un retard global de développement ou un trouble du spectre de l’autisme, à Shawinigan. «Ces gens bénéficieraient d’une supervision à temps plein», explique celui qui travaille avec sa conjointe Josée St-Pierre ainsi que Michelle Lafontaine et Yves Lapointe afin que le projet se concrétise.