René Gravel a démissionné le 3 juin.

Le maire Gravel démissionne à Saint-Prosper

SAINT-PROSPER-DE CHAMPLAIN — La municipalité de Saint-Prosper-de-Champlain n’a plus de maire. René Gravel a envoyé une lettre à chacune des quelque 250 adresses de sa municipalité afin d’expliquer enfin les motifs de son retrait, depuis le 11 avril et de sa démission qui prend effet le 3 juin.

On se rappellera que le maire Gravel avait écrit un courriel laconique aux élus de Saint-Prosper, le 11 avril dernier, dans lequel il annonçait qu’il prenait une pause, mais n’avait fourni aucune explication à ses collègues et à la population sur les raisons de son retrait. La loi permet en effet à un élu de s’absenter de ses fonctions pendant 90 jours sans perdre son poste.

Dans la lettre qu’il a envoyée à tous les citoyens de sa municipalité, M. Gravel évoque d’abord le principal dossier qui l’a incité à quitter ses fonctions et c’est celui de l’embauche de la nouvelle directrice générale.

«Pour le poste à la direction générale, quatre (4) candidats furent rencontrés et avisés qu’il s’agissait d’un contrat à durée déterminée d’une (1) année avec une période de probation de six (6) mois», écrit le maire démissionnaire.

«Les deux (2) candidats retenus passèrent des tests psychométriques. Après analyse des résultats, la firme recommanda fortement un candidat. Le conseil sur vote divisé choisit l’autre candidate», poursuit M. Gravel. «Tous se rallièrent y compris moi-même. Mais la personne choisie exigea un contrat de durée indéterminée, ce que les conseillers acceptèrent, mais que je refusai catégoriquement», raconte-t-il dans sa lettre de deux pages.

La conseillère France Bédard, qui remplace le maire aux assemblées du conseil de la MRC des Chenaux, indique que le contrat qui relie la municipalité à la nouvelle directrice générale permet pourtant de mettre fin en tout temps au lien d’emploi si cette dernière venait à ne pas s’acquitter correctement de ses tâches, explique-t-elle, en précisant que la nouvelle employée fait un excellent travail depuis son embauche en avril et qu’elle est «très à l’écoute du conseil.»

M. Gravel reconnaît qu’il peut y avoir des divergences d’opinions au sein d’un conseil. Toutefois, écrit-il «je crois que tout élu doit se rallier aux orientations prises par son conseil municipal ou sinon, démissionner de ses fonctions.» C’est ce qu’il a choisi de faire.

Selon son message aux citoyens, il existait «une divergence profonde de la vision de gestion entre les membres du conseil et moi.»

La conseillère Bédard indique que la municipalité devra tenir des élections partielles puisqu’il reste plus d’un an avant les prochaines élections municipales. Puisque le conseil a discuté de ce dossier en assemblée mensuelle le jour même où le maire donnait sa démission, aucune date d’élection n’a encore été déterminée, dit-elle.

Le maire Gravel a reçu sa paie d’élu municipal tout au long de son absence non motivée, du 11 avril au 3 juin. Mme Bédard indique qu’il a trois choix, soit il la garde, soit il la donne à une œuvre de charité, soit il redonne l’argent à la municipalité. René Gravel n’a pas répondu à notre demande d’entrevue, mardi.

René Gravel a toutefois l’intention, malgré sa démission, de garder un œil sur les affaires municipales. À la fin de sa lettre, il raconte en effet avoir demandé au ministère des Affaires municipales de faire la vérification d’un règlement de Saint-Prosper ayant trait au remboursement de la dette aqueduc-égout depuis 2016, un règlement qui, selon lui, pénalise de nombreux propriétaires qui ont des puits, des terres, boisés et fosses septiques de même que ceux qui sont desservis par l’aqueduc de La Pérade.

Mme Bédard indique que le conseil avait été mis au parfum de cette affaire, mais que le maire voulait s’en occuper seul. Des vérifications comptables seront faites, assure-t-elle et s’il y a eu des trop-perçus, il est clair que les citoyens seront remboursés, précise la conseillère.