Yvon Deshaies

Le maire de Louiseville critique Amir Khadir

Se disant attristé par l'attentat terroriste de Québec, Yvon Deshaies croit qu'un politicien comme Amir Khadir devrait inciter les gens à se calmer au lieu de les allumer avec des déclarations que le maire de Louiseville juge regrettables.
Le député de Québec Solidaire a dit lundi sur son compte Twitter qu'il tient «en partie responsable un président des États-Unis islamophobe qui propage la haine». Ce commentaire déplaît sincèrement à Yvon Deshaies, lui qui a félicité M. Trump pour sa victoire en lui écrivant une lettre envoyée à une quinzaine d'adresses différentes, en novembre dernier.
«Khadir l'attaque carrément au lieu d'en appeler au calme. Il serait mieux de lâcher la politique. Il devrait soigner les gens, c'est un bon médecin. Ce n'est pas son devoir d'attiser le monde.»
M. Deshaies n'est pas prêt à dire que le discours du controversé président américain alimente le racisme. Il rappelle que plusieurs attaques terroristes ont eu lieu bien avant l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.
«Laissons les Américains tranquilles. Soyons prudents. On n'a pas le choix. Si on frappe trop sur l'autre bord, ce n'est pas bon», lance M. Deshaies, en faisant référence aux nombreux liens qui unissent le Canada et les États-Unis.
Le maire de Louiseville répète que les politiciens doivent lancer un appel au calme en cette situation tendue. En même temps, il reproche au gouvernement de laisser la population sans directives lorsqu'elle est confrontée à des demandes comme celle dévoilée la semaine dernière concernant la requête d'une adolescente qui voulait porter le niqab dans une école secondaire de l'est de Montréal.
«La direction (de la commission scolaire) a dit à la jeune fille qu'elle ne voulait pas de ça. On n'a pas vu le gouvernement s'en mêler. J'aurais aimé que nos gouvernements supérieurs réagissent», estime M. Deshaies, vivement opposé au port de la burqa et du niqab au Québec.
La Ville de Louiseville a mis en berne les drapeaux de l'hôtel de ville. Selon M. Deshaies, ce simple geste démontre que les gens de Louiseville sont unis avec ceux qui ont été frappés par le drame.
«Ce n'est pas une question de religion, déclare le maire et sacristain de l'église de Louiseville. C'est une question de vivre ensemble.»
Yves Lévesque a aussi demandé à ce que les drapeaux de l'hôtel de ville de Trois-Rivières soient mis en berne. Le maire de Trois-Rivières fait le souhait que «toute forme de phobie disparaisse d'un monde qui se veut et se dit humanitaire.»
«Nous avons connu les tueries de la Polytechnique, du Collège Dawson, de l'Université Concordia et aujourd'hui, nous vivons encore un autre moment de grande tristesse collective. Qui aurait pu croire que ce genre de crimes terroristes pouvait se passer chez nous?», demande par voie de communiqué le maire de Trois-Rivières, en exprimant sa sympathie à l'égard des gens touchés par cette tragédie.