L’assemblée publique du conseil municipal a eu lieu, mardi soir, à La Tuque.
L’assemblée publique du conseil municipal a eu lieu, mardi soir, à La Tuque.

Le maire de La Tuque se défend: «Les gens se foutent de mon style de gestion, ils veulent des résultats»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Le maire de La Tuque est sorti de son mutisme, mardi, lors de l’assemblée publique du conseil municipal. Pierre-David Tremblay a défendu son style de gestion. Il s’est également expliqué sur l’exclusion des rencontres privées du conseiller municipal Luc Martel.

«Je n’ai aucun commentaire à faire madame sur mon style de gestion», a-t-il d’abord lancé en réponse aux questions du Nouvelliste.

«Je ne suis pas parfait, surtout pas parfait, je n’ai jamais eu la prétention de l’être et je l’ai déjà dit. Je suis un homme intense, énergique, je parle fort. Vous le savez ça. Je suis exigeant et rigoureux. Ça peut ressembler, pour bien des gens, à de l’intransigeance. Ça peut être une perception dégagée par l’ensemble des gens, mais je suis là pour travailler et faire avancer les choses. Je ne travaille pas pour être populaire, je travaille pour être efficace […] Les gens se foutent de mon style de gestion, ils veulent des résultats», a ajouté Pierre-David Tremblay, qui a pris soin de souligner ne pas être bien avec toute la situation.

Pour le maire, il est tout à fait normal que le ton monte lors de certains échanges, mais il veut par-dessus tout être capable de travailler.

«Ce n’est pas toujours évident quand vous dirigez. C’est moi qui anime les rencontres. Plus souvent qu’autrement, je dois également et indirectement influencer certaines décisions parce que je travaille 8 à 10 heures par jour avec l’équipe municipale», a-t-il ajouté.

Pierre-David Tremblay n’a pas voulu se prononcer en lien avec des allégations d’intimidation.

Le conseil municipal divisé

Le maire de La Tuque s’est aussi expliqué sur l’exclusion de Luc Martel. Il a lu la missive qui a été communiquée au principal intéressé en prenant soin de souligner que la loi ne l’obligeait pas à l’inviter aux rencontres privées.

Les membres du Conseil qui signent cette correspondance dénotent un climat de travail pourri, lourd, suspicieux, tendu, méfiant où «la confiance n’y est plus».

«Cela rend notre travail peu productif et peu enclin à la prise de décisions sans la crainte d’être dénoncés, sans crainte d’être ciblés», a lu le maire.

Ce dernier a rappelé que ce sont des bris de confidentialité et un manque de loyauté qui ont mené à l’exclusion de Luc Martel.

«On a tenté de trouver une solution. On était dans une situation où on ne participait plus. On a même pensé arrêter complètement les séances de travail privées. […] On ne se rassoira pas avec M. Martel», a répété le maire.

Il a également mentionné qu’il y avait eu des manquements importants, que le processus était toujours en cours et qu’il pourrait y avoir d’autres démarches.

«Je ne juge pas, je ne suis pas un tribunal. J’ai seulement pris les moyens de continuer de faire fonctionner la machine […] On est quatre, les gens veulent travailler. Je dois compléter le travail qui ne se fait pas», a-t-il lancé

«Si vous ne dirigez pas, vous vous faites diriger. J’ai fait le choix de diriger.»

Le maire de La Tuque a également affirmé avoir l’appui inconditionnel de trois autres conseillers qui sont «libres dans leurs pensées et indépendants».

Le premier magistrat a aussi fait savoir qu’il voyait déjà une différence depuis l’exclusion de Luc Martel au sein de ces rencontres.

Les conseillers se sont également prononcés publiquement sur la question. Le conseiller Jean Duchesneau a réitéré qu’il n’avait pas participé aux discussions entourant la décision d’exclure Luc Martel.

Il a d’ailleurs fait savoir qu’il allait se retirer des rencontres privées en soutien à son collègue. Il a été chaudement applaudi par la quarantaine de personnes présentes dans la salle.

«Je n’ai rien qui me prouve quoi que ce soit alors je ne suis pas en faveur de cette motion. Je suis pour un travail d’équipe autour d’une même table», a-t-il indiqué.

Le maire a dû demander aux gens de se calmer dans l’assistance.

«On n’est pas dans un cirque, on est dans une assemblée», a-t-il lancé.

Les autres conseillers ont tous approuvé la décision. René Mercure a présenté une feuille «pleine d’incidents», qu’il n’a pas dévoilés, qui appuient sa position en faveur de l’exclusion de M. Martel.

«Je n’ai aucune confiance en M. Martel», a-t-il lancé.

Le conseiller Éric Chagnon a indiqué que le conseil municipal «ce n’est pas un club de ballerines, des fois il y a des discussions viriles, ça brasse. Ce n’est pas la fin du monde non plus. On gère des millions. […] Il faut gérer la Ville comme du monde. Je ne m’attends pas à ce que des membres travaillent pour faire des jambettes à un conseiller ou à un maire. C’est aux élections que ça se décide ça.»

Roger Mantha s’est également rallié au maire et «ses explications très précises». Il soutient que le conseiller Luc Martel a enfreint le code d’éthique et de déontologie.

Des citoyens déçus

Quelques citoyens ont manifesté leur mécontentement par rapport à la situation à la fin de l’assemblée publique qui a duré près de quatre heures.

«J’ai mal à ma démocratie latuquoise ce soir […] Je n’ai pas de misère à croire ce qui est raconté dans les journaux», a lancé Lucie Fortin.

François Fortin a souligné pour sa part n’avoir jamais rien vu de tel depuis qu’il demeure à La Tuque.

«Je n’ai jamais vu un conseil aussi séparé l’un de l’autre et qui ne veut pas travailler ensemble. Ça me déplaît au plus haut point, parce qu’on n’avance pas dans les dossiers. C’est déplorable», a-t-il lancé.

«Les idées des autres ne sont peut-être pas mauvaises, il faut savoir écouter. Ce que je vois est triste» , a ajouté M. Fortin.