Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Le maire Angers lance sa campagne

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a attendu le début officiel de la période de mise en candidature pour les élections municipales du 5 novembre pour lancer sa campagne devant une centaine de partisans réunis au Café Filozen, en fin d'après-midi vendredi. Selon lui, l'interprétation de l'endettement de la Ville prendra beaucoup de place au cours des six prochaines semaines.
«L'enjeu de cette campagne, ce sera probablement une histoire de chiffres», prévoit-il. «J'ai entendu toutes sortes de choses. Des gens s'improvisent comptables, on va prendre les budgets, d'un claquement de doigts, on réussira à faire ceci ou cela... Ce n'est pas comme ça que ça se passe.»
Pendant une quarantaine de minutes, M. Angers a réalisé un survol de ses réalisations au cours du dernier mandat. Lorsqu'il a abordé la question de l'endettement, il a mentionné que s'il existait un sujet sur lequel des «gens disent n'importe quoi», c'est bien celui-là. 
Relatant les grandes lignes des états financiers 2016, il a rappelé que la dette à long terme s'établissait à 172 millions $ à Shawinigan, montant duquel il fallait soustraire 32 millions $ en subventions attendues et 9,6 millions $ qui seront payés par des taxes de secteur. Ce qui laisse une dette d'un peu plus de 131 millions $ à la charge de l'ensemble de la municipalité.
«Est-ce élevé? Oui. Est-ce hors de contrôle? Non!», indique-t-il. 
Dans son discours, pour remettre les choses en perspective, M. Angers a fait remarquer que depuis son arrivée à l'hôtel de ville, il avait contribué à obtenir 158 millions $ en subventions pour Shawinigan. «C'est 25 millions $ de plus que la dette actuelle», pointe-t-il.
En entrevue, il rappelle que les fermetures d'usines ont entraîné des pertes importantes de revenus. «Il faut être en mesure de continuer à investir, réparer le plus urgent et dynamiser la ville. C'est un défi global de relance économique.»
Le maire a utilisé son slogan, «Construire l'avenir maintenant», pour dresser un bilan du dernier mandat. La conclusion du dossier d'approvisionnement en eau potable qui apporte une économie de 60 millions $ aux contribuables, la réalisation en cours du projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac à la Tortue, la réhabilitation des infrastructures, la marina municipale, la transformation du marché public, la stratégie de réduction de la dette, les 300 unités de logement du Groupe Château Bellevue et le développement social ont particulièrement retenu son attention. Le virage entrepreneurial, l'arrivée de CGI, Nemaska Lithium, AddÉnergie et Shawinigan aluminium ont particulièrement sustenté sa fierté.
«Est-ce que ça nous est tombé du ciel?», questionne-t-il. «Non! Si Shawinigan était une ville terne, pas dynamique, ces entreprises iraient ailleurs.»
M. Angers est aussi brièvement revenu sur l'harmonisation des noms de rues, un dossier qui demandait «du courage», puisque Shawinigan demeurait la dernière ville fusionnée à ne pas avoir réalisé l'exercice. «Jamais il n'a été notre intention de déposséder le sentiment d'appartenance des citoyens de Shawinigan», a-t-il lancé. 
Il a également salué la signature des dernières conventions
collectives avec presque tous les groupes d'employés, souhaitant une entente avec les cols blancs «très bientôt».
Signaux
Fait à noter, tous les conseillers municipaux s'étaient déplacés pour le lancement de cette campagne, cristallisant le sentiment d'unité de cette équipe. Rappelons que toutes les résolutions du dernier mandat ont été adoptées à l'unanimité. Ce concert sans fausse note constitue un autre élément positif du dernier mandat, selon le maire.
«Mon message est toujours le même: j'ai travaillé avec des équipes unies et ce sera certainement le cas au cours du prochain mandat. Si les conseillers étaient là, c'est une preuve qu'ils ont bien aimé travailler avec moi. Mais je vais travailler avec les hommes et les femmes que la population de Shawinigan me donnera.»
Pour la première fois, M. Angers lançait sa campagne dans le secteur Grand-Mère. Il assure qu'il ne faut y détecter aucun message.
«J'ai toujours eu un lien d'appartenance particulier avec Grand-Mère», explique-t-il. «Je demeure tout près d'ici, je trouvais que la Café Filozen était un endroit intéressant.»
À la fin de son allocution, M. Angers a indiqué qu'il voulait sentir l'appui de la population au terme du vote du 5 novembre. En 2013, il s'était fixé un objectif dans l'urne, mais cette fois, il se garde de s'avancer sur ce terrain. Il assure qu'il ne tient rien pour acquis.
«J'ai passé cette étape, de vouloir me mettre un chiffre en tête», mentionne-t-il. «Je souhaite un appui fort des citoyens de Shawinigan sur l'ensemble de l'oeuvre. Peut-être qu'une personne n'a pas aimé le changement de son nom de rue et elle va me le dire. Mais j'invite les gens à regarder de façon globale. Regarder où nous étions, où on est maintenant et où on s'en va.»
Enfin, M. Angers répétera la stratégie de 2013, en ce sens que la population ne verra aucune affiche électorale le représentant au cours de la campagne. Pour se mettre à la page, il accentuera plutôt sa présence sur les réseaux sociaux.
Pour le moment, un seul adversaire s'est avancé pour défier M. Angers. Il s'agit de François Bonenfant, qui doit rencontrer la presse régionale lundi matin, immédiatement après avoir déposé officiellement sa candidature.
Si c'était à refaire...
En entrevue après son discours, le maire de Shawinigan a reconnu implicitement que les dossiers de RIMA et de FerroAtlántica avaient sans doute constitué ses plus grandes déceptions depuis le début de sa carrière politique.
Invité à reconnaître ses moins bons coups, Michel Angers laisse entendre qu'il aurait travaillé ces dossiers différemment s'il avait bénéficié de l'expérience qu'il possède aujourd'hui.
«L'un des plus marquants, ça a été de faire confiance à des entreprises étrangères, avec lesquelles nous avions des ententes écrites et qui n'ont pas été respectées», déplore-t-il. «Elles nous ont fait miroiter un certain nombre de choses.»
Le projet RIMA avait emballé le conseil municipal au point d'entreprendre l'aménagement d'un parc industriel à grand gabarit en catastrophe dans le secteur Saint-Georges. En 2013, la multinationale brésilienne annonçait qu'elle tournait les talons. Un an plus tard, FerroAtlántica réservait le même camouflet à Shawinigan.
«Est-ce un manque d'expérience de ma part?», réfléchit le maire. «Peut-être. Mais maintenant, je suis plus aguerri. Je reçois encore des représentants d'entreprises, des gens qui veulent investir.
Avant qu'ils se servent de nous pour négocier ailleurs et faire monter les enchères...»