Gilbert Cabana et François Guillemette, professeurs au département des sciences de l'environnement à l'UQTR.

Le Lampsilis prend le large

Le navire de recherche de l'UQTR largue les amarres pour la plus longue mission de son histoire.
Pas moins de 12 chercheurs et 11 étudiants font partie de l'aventure de 12 jours qui vise à dresser un portrait de l'état du fleuve Saint-Laurent. «On va tenter de mesurer l'activité humaine et ses effets sur les écosystèmes. Le but de la mission est d'en apprendre sur la situation du Saint-Laurent», résumait François Guillemette, professeur de l'UQTR en sciences de l'environnement. Le navire sillonnera les eaux du Saint-Laurent de Saint-Anne-de-la-Pérade jusqu'au lac Saint-Louis, à l'ouest de l'île de Montréal.
En tentant de mesurer les impacts de l'activité humaine, les chercheurs espèrent mieux comprendre les effets qu'ont le rejet des eaux usées dans le Fleuve par la Ville de Montréal et l'activité agricole sur les écosystèmes. 
À l'aller, les chercheurs prélèveront des échantillons de poissons à plusieurs endroits tout le long du fleuve. Grâce au laboratoire dans le navire, ils seront en mesure d'analyser la présence de composants chimiques et de déterminer si les causes sont urbaines ou agricoles.
Au retour, une deuxième équipe de chercheurs s'affairera à échantillonner les eaux du Saint-Laurent à des endroits stratégiques. L'équipe s'intéressera beaucoup à l'influence des îles de Sorel en tant que filtre naturel des polluants. «On remarque que l'eau en aval des îles comporte moins de coliformes que celle en amont, on va donc tenter d'en apprendre davantage sur leur rôle quant à cette transformation», explique Gilbert Cabana, professeur au département des sciences de l'environnement de L'UQTR.
L'équipe d'experts espère aussi en apprendre un peu plus sur les effets de l'érosion des berges et le rejet de carbone que cela engendre. «Les sols, par les biais des arbres, accumulent du carbone au fil des ans. Lorsque les berges s'érodent, le carbone est relâché. C'est un phénomène qu'on connaît peu et qui sera intéressant à étudier», ajoute M. Cabana.