Le joueur étoile des Cataractes Mavrick Bourque a fait le bonheur des frères Justin et Elliot Garceau, à l’occasion d’une rencontre amicale entre des joueurs de l’équipe et le public de Saint-Boniface.
Le joueur étoile des Cataractes Mavrick Bourque a fait le bonheur des frères Justin et Elliot Garceau, à l’occasion d’une rencontre amicale entre des joueurs de l’équipe et le public de Saint-Boniface.

Le hockey de toutes les causes

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Il a beau être blessé, le joueur étoile des Cataractes de Shawinigan Mavrick Bourque démontre qu’il sait aussi briller hors de la glace. Malgré les -20 degrés qu’affichait le mercure, le fougueux joueur de centre était présent aux côtés de ses coéquipiers, vendredi, se prêtant généreusement au jeu des photos et des encouragements de circonstance, tandis que l’équipe venait à la rencontre de ses partisans, dans le cadre de matchs amicaux disputés sur des glaces extérieures.

Déployés sur les patinoires du centre-ville de Shawinigan, du parc Gervais, dans le secteur Grand-Mère et du Centre municipal, à Saint-Boniface, les joueurs des Cataractes semblaient tous apprécier l’occasion qui leur était fournie d’aller au-devant du public et de décrocher de la routine de la saison, le temps de quelques coups de patin.

Les Cataractes ont patiné en compagnie de leurs partisans sur des patinoires extérieures de la région.

Pour Mavrick Bourque et Jérémy Martin, présents à l’événement de Saint-Boniface, la journée revêtait un caractère d’autant plus particulier que les deux jeunes hommes sont aussi les pensionnaires d’une famille de la communauté.

«On habite à cinq minutes d’ici», indique Jérémy Martin. Lui et son coéquipier logent dans une maisonnée qui compte déjà quatre enfants. «Je suis habitué, je viens moi-même d’une grosse famille», remarque-t-il. La famille d’accueil est par ailleurs devenue fan #1 de Martin et de Bourque, qu’elle va encourager à chaque match local.

Les Cataractes ont patiné en compagnie de leurs partisans sur des patinoires extérieures de la région.

C’est tout un pan de la communauté qui semble de fait avoir adopté les joueurs. Ils étaient nombreux a avoir fait fi du froid et des -30 degrés ressentis, en cette journée pédagogique, pour venir rencontrer les porte-couleurs de l’équipe locale.

Pour Justin Garceau et son frère Elliot, respectivement onze et cinq ans, l’occasion était celle d’échanger quelques rondelles avec leurs idoles. Justin, qui s’aligne lui-même avec le Vert et Or du Séminaire Saint-Joseph, était tout sourire et un peu hors d’haleine à force de pourchasser sur la glace des joueurs affichant le double de sa stature.

Le froid semblait être le dernier des soucis du jeune hockeyeur. Lui et sa famille sont de fidèles partisans de la formation shawiniganaise, explique son père, Maxime Garceau.

La police affronte les Dragons

Du côté de Trois-Rivières, c’est sur la patinoire Bleu Blanc Bouge, du parc Cardinal-Roy, que l’équipe de hockey de la police de Trois-Rivières et les Dragons du Collège Laflèche s’étaient donné rendez-vous, vendredi après-midi.

Le match amical s’inscrivait dans le cadre de l’événement Go! On bouge!, une journée de patinage et de découverte des différents métiers d’urgence, avec la présence des pompiers, policiers, contrôleurs routiers et ambulanciers, proposant des visites de leurs véhicules respectifs.

Les conditions polaires ont forcé les organisateurs à adapter la formule du match, divisant celui-ci en deux périodes de 30 minutes, plutôt que les trois périodes régulières de 20 minutes. La surfaceuse, rendue inopérable à cause du froid, n’aura même pas pu faire son travail entre les deux «demies».

L’équipe de hockey de la police de Trois-Rivières disputait un match amical en plein air contre les Dragons du Collège Laflèche.

Pour ajouter au caractère un peu surréaliste de la joute, le soleil causait de sérieux désagréments au gardien situé à l’extrémité est de la glace, quand les joueurs s’amenaient en échappée. Comme les équipes ont échangé de côté de patinoire entre les périodes, chacun des gardiens a dû composer avec ce désavantage inusité.

Sur les bancs, on tentait de procéder à des changements réguliers. Ce sont finalement les entraîneurs qui auront peut-être le plus souffert des conditions arctiques. «À la fin, on avait un peu hâte que ça finisse», confie en souriant Vincent Dumont, pilote des Dragons.

Malgré ses extrémités qui ont un peu souffert, Dumont se réjouit de l’exercice, qui viendra notamment consolider l’esprit d’équipe, à l’approche des séries éliminatoires. «Pour la plupart de nos joueurs, c’était la première fois qu’ils jouaient une partie organisée comme ça à l’extérieur», remarque-t-il.

La joute se sera finalement soldée par le compte de 6 à 3, en faveur des policiers, le dernier but ayant été marqué dans un filet désert.

La Classique d’hiver Saint-Paul

Au parc Lemire, sur la rue Saint-Paul, à Trois-Rivières, on aura non seulement démontrer que le hockey est notre sport national, mais qu’il est aussi l’affaire de tous.

La patinoire extérieure du parc était l’hôte, en après-midi, de la 4e Classique d’hiver Saint-Paul, une joute de hockey mettant aux prises les usagers polyhandicapés du Centre d’animation Saint-Paul et des étudiants en ergothérapie, en kinésiologie et en physiothérapie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Le Centre d’animation Saint-Paul est destiné à amener une clientèle touchée à la fois par un handicap physique et d’une déficience intellectuelle à réaliser le maximum de son potentiel, explique Mégam Gagné-Bouchard, éducatrice spécialisée au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

«On a des gens qui aiment le hockey, on s’est dit “comment on peut amener des gens en fauteuil roulant à jouer au hockey?”, c’est là qu’est née la Classique hivernale, il y a quatre ans», relate l’éducatrice spécialisée.

Quant au froid, qui aurait pu venir mettre un bémol sur l’esprit festif de la journée, Mégam Gagné-Bouchard balaie la question du revers de la main. «On est des spécialistes de l’adaptation, on peut faire face à n’importe quel obstacle», assure-t-elle.

Au nombre des partenaires de l’événement, on retrouvait la Fondation Canopée, de même que les Psychoclowns de l’UQTR, un groupe de clowns œuvrant sous les bons conseils de Guillaume Vermette, le clown humanitaire.

La 4e Classique d’hiver Saint-Paul se tenait vendredi au parc Lemire de Trois-Rivières.

La bande de clowns propage habituellement son petit bonheur auprès d’aînés dans les CHSLD. On ne s’est toutefois pas fait tordre le bras pour venir faire de l’animation auprès d’un autre type de clientèle, relate Michèle Perreault, clown et étudiante en psychologie, visiblement satisfaite de son expérience.