Deux propriétés en bois rond sont en construction sur l’immense propriété du Groupe Terrestria, dans le secteur Saint-Jean-des-Piles.

Le Groupe Terrestria révise ses échéanciers

SHAWINIGAN — Même s’il rencontre encore quelques irritants dans l’évolution de son développement récréotouristique à Saint-Jean-des-Piles, le Groupe Terrestria désire toujours réaliser son vaste projet en plusieurs étapes le long de la rivière Saint-Maurice. Par contre, les travaux au parc national de la Mauricie refroidissent l’élan du promoteur à court terme dans ce secteur.

Jean Cloutier, porte-parole du Groupe Terrestria, suggère cette piste pour expliquer la lente évolution du projet. Pour le moment, la construction de deux bâtiments est presque complétée, mais le promoteur se sent moins pressé depuis qu’il sait que l’entrée Saint-Jean-des-Piles du parc national de la Mauricie sera fermée à compter d’avril, et ce, jusqu’en décembre 2018. Le Groupe Terrestria mise beaucoup sur cette clientèle avide de plein air pour visiter ses installations, qui comprendront notamment des chalets locatifs, des auberges et des écuries.

«On va un peu moins vite pour certaines raisons», explique M. Cloutier. «L’entrée du parc national de Saint-Jean-des-Piles sera fermée l’an prochain, ce qui nous prive d’une clientèle essentielle. On aurait aimé le savoir avant; on aurait calculé nos choses différemment. On regarde de quelle façon nous allons procéder. Profiterons-nous du fait que la clientèle va se faire rare l’an prochain pour construire? Peut-on démarrer avec ce que nous avons? Des décisions seront prises prochainement.»

«C’est bien beau être en avant de la rivière et avoir une belle vue, mais ça prend plus que ça», ajoute-t-il. «On sait que 150 000 personnes (par année) arrivent au parc national par ce côté; ça monterait probablement à 200 000 avec de l’hébergement à proximité.»

Les deux bâtiments en cours, une petite auberge et un chalet locatif, pourraient être terminés au printemps, croit M. Cloutier. Mais avec la révision des échéanciers, rien n’est coulé dans le béton.

Le promoteur prévoit toujours réaliser un projet récréotouristique majeur qui s’étendrait sur six sites, jusqu’à La Tuque. Des Européens seraient associés à ces investissements. Rappelons que pour le seul secteur Saint-Jean-des-Piles, le Groupe Terrestria prévoit injecter près d’une cinquantaine de millions de dollars sur deux phases. L’une à environ un demi-kilomètre de l’entrée du parc national de la Mauricie, déjà en cours, doit emprunter une thématique équestre. L’autre doit jaillir en face du lac Olscamp, avec la construction d’un hôtel au sommet d’une route sinueuse.

«Ce n’est pas pour rien que ça avance lentement», témoigne M. Cloutier. «C’est compliqué, c’est difficile, nous n’avons pas beaucoup d’aide et il y a une incompréhension de gens qui pourraient s’en mêler mais qui se disent que si ça n’a jamais été fait avant, c’est parce qu’il n’y a pas de clientèle. On entend des gens qui s’improvisent experts en immobilier touristique...»

À pareille date l’an dernier, M. Cloutier rageait à l’hôtel de ville de Shawinigan pour obtenir un permis de construction. Des complications étaient survenues parce que des immeubles étaient prévus à flanc de colline.

«Ça a retardé des affaires et il y a encore des bâtons qui se mettent dans les roues», glisse le porte-parole, sans vouloir aller plus loin. «Pas assez pour nous empêcher de procéder, mais assez pour rendre la vie très inconfortable à tout le monde. J’espère qu’on sera plus agréable avec les investisseurs étrangers qu’avec nous.»

Impacts

L’évolution de ce projet s’est invitée à la période de questions de la dernière séance publique régulière du conseil municipal de Shawinigan. Le maire, Michel Angers, n’en avait pas beaucoup à dire là-dessus.

«C’est un promoteur privé», rappelle-t-il. «Il évolue en fonction de son échéancier. Nous livrons les permis au fur et à mesure et pour le moment, il y a deux maisons assez imposantes, en bois rond. Ce n’est pas à moi à donner l’information sur le déroulement de ce projet, qui est toujours vivant.»

La conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, ne pouvait en dire plus. Par contre, elle comprend l’impact des travaux à l’entrée Saint-Jean-des-Piles du parc national l’an prochain. D’ailleurs, le 13 septembre, quatorze commerçants du secteur se sont déplacés à une rencontre d’information sur ce sujet.

«C’est sûr que les gens trouvent ça difficile, mais ils comprennent que le parc national se refait une beauté pour le mieux», commente Mme Déziel. «Nous travaillons avec Parcs Canada et les commerçants pour tenter d’atténuer les impacts.»

Sur ce point, Julie Dumont, agente aux relations publiques pour l’agence fédérale, précise que certains gestes ont déjà été posés.

«Jusqu’à maintenant, nous avons confirmé (aux commerçants) qu’il y aura une page dans le guide des visiteurs, une section dans le site web du parc ainsi qu’une campagne promotionnelle sur Facebook qui mettra en valeur les commerces du secteur et nous remettrons la liste des entreprises aux différents entrepreneurs», énumère-t-elle. «D’autres mesures sont toujours à l’étude.»

Rappelons que  les Défis du parc, il y a un peu plus d’une semaine, ont annoncé des changements de site pour leur 12e édition en raison des mêmes travaux.