Linda Chandonnet et Alain Léger ont tout tenté pour quitter le Maroc avant que le pays ne ferme ses frontières, jeudi soir.
Linda Chandonnet et Alain Léger ont tout tenté pour quitter le Maroc avant que le pays ne ferme ses frontières, jeudi soir.

«Le gouvernement canadien nous met en danger» 

Trois-Rivières — La situation des Canadiens au Maroc est de plus en plus critique, alors que le pays a complètement fermé ses frontières jeudi et que plus aucun vol ne semble quitter les différents aéroports du pays. Pour Linda Chandonnet et Alain Léger de Trois-Rivières, de même que Jeanne Charbonneau et Chrisian Avila Tovar de Shawinigan, les heures sont devenues angoissantes, alors que le ministère des Affaires étrangères ne leur donne aucun indice qu’ils pourront être rapatriés de sitôt.

Linda Chandonnet et Alain Léger ont effectué une tentative, mercredi, du côté de Rabat, où il semblait possible de pouvoir prendre un vol d’Air France. Un prélèvement avait même été fait sur leur carte de crédit. Or, une fois sur place, on leur a indiqué qu’ils n’avaient pas de billet d’avion, et ce, malgré une preuve du prélèvement. Ils ont attendu afin de savoir si une place se libérerait, pour finalement apprendre que l’avion avait décollé avec seulement 125 personnes à bord alors qu’il pouvait en contenir davantage.

Le couple est désormais retourné se réfugier chez un Marocain, qui leur avait loué un appartement lors de leur séjour et qui s’occupe maintenant de les héberger et de leur offrir toute l’aide qu’il peut, tant dans leurs démarches que pour s’assurer qu’ils aient de quoi manger.

«On est débinés une fois de plus. On a su qu’hier, les États-Unis avaient envoyé un nolisé pour ramener ses gens. L’inaction de notre gouvernement est donc une mauvaise volonté», estime le couple.

De leur côté, Jeanne Charbonneau et Christian Avila Tovar ne comprennent tout simplement pas comment d’autres pays, dont les États-Unis, l’Angleterre et la France, ont pu trouver le moyen depuis plusieurs jours de rapatrier leurs ressortissants alors que le Canada s’entête à vouloir faire revenir les Canadiens par des vols commerciaux, qui passent tous par des zones à risque, plus particulièrement en Europe où les escales durent parfois jusqu’à 72 heures avec des milliers de personnes qui attendent dans les aéroports. Dans une lettre d’opinion publiée dans nos pages aujourd’hui, ils rappellent notamment que parmi les Canadiens coincés au Maroc, il y a des femmes enceintes, des bébés, des personnes âgées et des personnes malades, dans un pays où les hôpitaux sont désormais interdits aux étrangers.

«Le gouvernement canadien nous met en danger en nous demandant de transiter par ces zones infectées. Ils mettent aussi les autres Canadiens en danger car ceux qui rentrent actuellement sont obligés de se mettre à risque étant donné que notre gouvernement ne nous offre pas de moyen de rentrer directement. (...) Comme Canadiens, nous sommes très inquiets ici et nous avons l’impression que notre gouvernement nous abandonne actuellement», écrit Jeanne Charbonneau.

À Affaires mondiales Canada, une porte-parole a indiqué au Nouvelliste être pleinement consciente de la situation très stressante à laquelle plusieurs Canadiens à l’étranger sont confrontés actuellement. «Nous savons que le gouvernement du Maroc a annoncé la fermeture de ses frontières à partir du 19 mars à 22h59 heure locale, jusqu’à nouvel ordre. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les Canadiens qui se trouvent actuellement dans le pays. Le ministre Champagne est en contact avec son homologue», a-t-on répondu, précisant qu’aucune information concernant un cas spécifique ne pouvait être divulguée en raison de la Loi sur la protection de la vie privée.