Maélie Bacon, Macha Bédard et Laurie Turcotte présentaient les plus récents développements de leur projet Vélo Smooth, dans le cadre du lancement des entreprises étudiantes à l’école secondaire Paul-Le Jeune.

Le goût d’entreprendre commence jeune

Saint-Tite — «C’est la force de Mékinac, c’est la force de Paul-Le Jeune, tout le monde se met en commun, tout le monde dit oui, oui, oui», s’enthousiasme Kariane St-Arneault, agente de développement, en marge du lancement des entreprises étudiantes de l’école secondaire Paul-Le Jeune, où les élèves ont fait montre d’originalité et de détermination.

C’est dans le cadre d’activités parascolaires que les jeunes de l’école sont invités à élaborer des projets d’entrepreneuriat. La présentation des lancements d’entreprises de mercredi matin, qui consistait en pitch de vente pour chacune des initiatives, se voulait le point culminant de longues semaines de travail, d’essais, d’erreurs et d’ajustements.

«Ce n’est pas d’en faire tous des entrepreneurs, mais moi, que la fille en adaptation scolaire, qui ne parle pas, qui ne dit jamais un mot, prenne le micro pour se présenter, moi ma journée était faite», fait valoir Mme St-Arneault, qui œuvre en développement de projets et à l’entrepreneuriat au Carrefour Emploi Mékinac.

Les activités sont présentées sous forme de loisir, au même titre que le théâtre ou le basketball, indique l’agente de développement. «C’est volontaire, nous on propose, on dit “est-ce qu’on fait de l’entrepreneuriat?” Eh bien, il y avait des secondaires 1 dans le fond de la salle tantôt, donc l’année prochaine, quand on va leur présenter ça, on sait qu’ils vont embarquer», soutient Mme St-Arneault. Elle explique que c’est une véritable culture d’entrepreneuriat qui est en train de s’installer à l’école.

Les récents résultats obtenus par les élèves de Saint-Tite tendent à lui donner raison. En effet, l’école Paul-Le Jeune a été sacrée École secondaire entrepreneuriale Desjardins au dernier gala entrepreneurial présenté par la Commission scolaire de l’Énergie. Denis Bourassa, enseignant à Paul-Le Jeune, qui s’investit beaucoup dans le projet, a quant à lui remporté le prix Enseignant entreprenant Desjardins.

Au dernier Gala Osentreprendre, qui souligne les initiatives entrepreneuriales s’étant démarquées dans l’ensemble du Québec, le projet S.O.S. Chauves-souris, de trois élèves de Paul-Le Jeune, s’était vu remettre un prix Coup de cœur, parmi 200 projets, à l’échelle régionale. Avec leur initiative, Gabriel Perron, David Blais et Zachary Proulx, les jeunes entrepreneurs, visent à favoriser le peuplement des chauves-souris sur le territoire, au moyen de nichoirs qu’ils fabriquent. La jeune entreprise, qui en est à sa deuxième année d’opération, présentait ses plus récents développements, mercredi matin.

Tout comme leurs collègues de S.O.S. Chauves-souris, Maélie Bacon, Macha Bédard et Laurie Turcotte, en sont à leur deuxième année à promouvoir le projet Vélo-Smooth. Leur invention consiste en un vélo (abandonné au dernier Festival western de Saint-Tite!) transformé en vélo stationnaire, activant un mélangeur qui fabrique de smoothies. L’innovation de cette année est la fabrication d’un deuxième modèle, plus petit, le Vélosmooth-mini, pour que les plus petits puissent aussi pédaler. Les jeunes filles racontent avoir déjà servi le fruit de leur labeur à l’occasion de différents événements.

Un autre projet présenté, à vocation plus sociale, était celui de la gestion d’un stationnement, à l’occasion de la Classique hivernale de la LHJMQ de février dernier. Intitulée Stationnement auto pour l’accueil d’orphelins, l’initiative visait à amasser des fonds afin de soutenir un membre du personnel de l’école ayant adopté trois jeunes Colombiens l’an dernier. Au total, le service de gestion de stationnement aura mobilisé 17 bénévoles, garé 723 voitures et amassé 2740 $, au cours de l’événement. «Nous trouvons qu’adopter un enfant est un geste admirable, et eux, ils en ont adopté trois en même temps», soulignent les jeunes filles de 5e secondaire, en conclusion de leur présentation.

Si quelques élèves étaient un peu nerveux au moment de faire face à la foule, c’est surtout la façon dont ils se sont approprié le jargon du monde des affaires qui retient l’attention. Ainsi, il est souvent question de partenaires, de collaborations, de pratiques responsables, de recherche et de développement, et même des impacts d’une météo capricieuse sur l’évolution de l’entreprise.

En tout, ce sont une quinzaine de projets, élaborés par des élèves du pré-DEP, de l’adaptation scolaire du premier et du deuxième cycle du secondaire, qui ont été présentés à un parterre composé de parents, de partenaires et d’élus de la région. Fabrication, service, loisir ou environnement, le sens de l’innovation des jeunes ne semble pas s’imposer de limites.