Le golfeur Gilles Bourassa est décédé.
Le golfeur Gilles Bourassa est décédé.

Le golfeur Gilles Bourassa s'éteint

Trois-Rivières — Le golfeur Shawiniganais Gilles Bourassa n'est plus. Il s'est éteint dans la nuit de vendredi à samedi. Celui qui combattait un cancer depuis quelques mois était aussi aux prises avec la COVID-19. S'il n'est pas encore clair lequel de ces deux maux aura eu raison de l'homme de 82 ans, il n'en demeure pas moins qu'il aura vécu ses derniers jours sans les siens, isolé dans la «zone chaude» du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières. Connu dans la région pour avoir beaucoup œuvré dans la transmission de son sport, Gilles Bourassa était aussi «le frère de Jocelyne», la golfeuse québécoise, pionnière de son sport, qui s'est hissée dans l'élite mondiale en remportant notamment le titre de recrue de l'année du circuit de la LPGA ( Ladies professional golf association), en 1972.

Les éloges allaient tous dans le même sens, samedi, tandis que la nouvelle attristait les uns et les autres. «Un vrai bâtisseur», résume René Marcil, président du Temple de la renommée de la Maurice, un club select au sein duquel M. Bourassa fut l'un des premiers intronisés, souligne-t-il. Le maire de Shawinigan Michel Anger, qui relate avoir pu à l'occasion personnellement bénéficier des conseils du golfeur, déplore la perte «d'un grand Shawiniganais». «On le dit souvent pour faire l'éloge des disparus, mais dans son cas, ce n'est vraiment pas exagéré de dire qu'il était plus grand que nature», déclare le maire au sujet de celui «qui s'est occupé de beaucoup de monde».

«C'est un gros morceau pour le golf qu'on vient de perdre», témoigne avec émotion Luc Morin, capitaine du Club de golf Le Mémorial de Shawinigan-Sud et ami de longue date du golfeur. «Aux golfeurs qui se fâchaient, il répétait toujours que "le golf c'est juste un jeu"», se remémore M. Morin. Son ami dit qu'il gardera le souvenir d'un homme sans malice qui était toujours prêt à aider les autres.

Des propos qui trouvent écho chez André Beauchesne, président de la corporation Sport-Hommage, qui parle d'un grand mentor pour les golfeurs et d'un grand bénévole au hockey. «Il y en a qui sont jaloux du succès des autres. Gilles Bourassa lui s'en réjouissait», raconte M. Beauchesne, en évoquant la relation du golfeur avec sa sœur cadette, propulsée dans l'élite mondiale de son sport. Il dit d'ailleurs avoir une pensée spéciale pour cette dernière en cette période difficile. Le couple frère-soeur avait été co-présidents d'honneur de l'édition 2014 du Gala Sport-Hommage.

En plus d'un aréna qui porte son nom dans le secteur Shawinigan-Sud – «un hommage rare à être donné à quelqu'un de son vivant», souligne le maire Michel Anger –, l'omnium de golf Gilles Bourassa, dédié à la relève du sport dans la région, est disputé annuellement à Shawinigan. De fait, M. Bourassa, qui fut intronisé au Panthéon de golf du Canada en 2015, aura collectionné les hommages et les récompenses au fil de plus de 50 ans d'implication. Un parcours peu ordinaire pour un homme qui aura malgré tout fait carrière comme enseignant.