La porte-parole du comité des citoyens responsables de Bécancour, Nicole Racine.

Le gaz de schiste revient hanter Bécancour

BÉCANCOUR — Selon le comité de citoyens responsables de Bécancour, l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) fait présentement un sondage auprès des citoyens de la Ville de Bécancour et de la MRC de Lotbinière afin de connaître leur intérêt pour des projets pilotes de forage de gaz de schiste.

Or, le comité considère que ce sondage vise à produire des statistiques susceptibles de démontrer une acceptabilité sociale face à l’implantation de l’industrie dans les basses-terres densément peuplées du Saint-Laurent. Le sondage fait référence à des procédés expérimentaux et non évalués par une autorité indépendante, sans pourtant ne jamais mentionner le mot fracturation.

«Les auteurs du sondage sont, à l’évidence, conscients que la fracturation soulève de fortes objections dans la population. Les mots gaz de schiste sont aussi remplacés par gaz naturel, aussi bien dans le titre du sondage que dans les questions», déplore la porte-parole du comité, Nicole Racine.

De plus, le sondage ne fait aucune référence aux risques et aux impacts négatifs sur l’eau, le paysage et les communautés «bien démontrés dans le rapport du BAPE de 2014»: détérioration de la qualité de l’air et de l’eau souterraine et de surface, plateformes de forage à proximité des résidences, baisse de la valeur des propriétés, augmentation du bruit, de l’éclairage nocturne, de la poussière, augmentation de la circulation lourde et détérioration des routes, conflits d’usages avec l’agriculture, les loisirs de plein air et le tourisme, effets économiques négatifs sur les secteurs agricole, touristique et agrotouristique d’importance majeure dans nos régions, tremblements de terre, impacts sociaux et sur la santé des citoyens

Par ailleurs, Mme Racine fait remarquer que ce sondage est réalisé en dépit du fait que tous les partis politiques, la Ville de Bécancour et la très grande majorité des municipalités de la MRC de Bécancour ont signifié leur désaccord avec l’exploitation du gaz de schiste dans les secteurs densément peuplés des basses-terres du Saint-Laurent et où il n’y a pas d’acceptabilité sociale.

De plus, les populations concernées se sont montrées jusqu’ici opposées à l’industrie du gaz de schiste dans une proportion d’au moins 70%, dont 77% à Bécancour.

«Un seul projet pilote de forage serait clairement un pied dans la porte des basses-terres du Saint-Laurent et il n’est pas plus acceptable qu’un déploiement complet de l’industrie», poursuit Mme Racine.

Ayant lui-même été contacté, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a rappelé la position de la Ville. «Ma réponse, c’est la même qu’on a exprimée dans un mémoire qu’on a produit. Dans les conditions actuelles, on n’était pas intéressé du tout à voir naître ça chez nous», a-t-il réitéré.

Lors du sondage téléphonique, on lui demandait s’il était d’accord avec la présence d’un puits sur le territoire «si on arrivait avec des techniques beaucoup plus environnementalement acceptables».

«Il y a des projets dans l’air qui ne sont pas nécessairement à Bécancour, mais qui peuvent être partout au Québec. C’est sûr qu’étant donné la présence de gaz de schiste, Bécancour peut les intéresser. Il n’y a aucune autre démarche d’aucune façon. Je ne pense pas qu’on soit la cible directement de l’organisation, mais que ce soit un sondage généralisé au Québec pour voir à quel endroit l’acceptabilité serait plus forte», croit le premier magistrat.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de l’APGQ.