Tout comme Greenpeace, l'organisme Bassin versant Saint-Maurice (BVSM) a milité pour l'arrêt du flottage du bois sur la rivière Saint-Maurice. On aperçoit sur cette photo la pitoune à proximité de l'usine Laurentide, dans le secteur Grand-Mère. 

Le gardien de la rivière

L'organisme Bassin versant Saint-Maurice (BVSM) a aussi eu un rôle à jouer dans le dossier de l'arrêt du flottage et du développement du potentiel récréotouristique de la rivière.
L'organisme a été créé en 1991 sous le nom de Corporation de gestion du développement du bassin versant de la rivière Saint-Maurice (CGDBR), dans le contexte des mouvements contestataires qui réclamaient la dépollution de la rivière, incluant l'arrêt du flottage. Greenpeace avait entre autres milité en faveur de ces enjeux dans les années 1980.
En 2002, la Politique nationale de l'eau du Québec a contribué à consolider l'approche environnementaliste promue dans les années 1980 et 1990. C'est à ce moment que la CGDBR est devenue le BVSM. Vingt ans après l'arrêt du flottage, le directeur général actuel de l'organisme, Mathieu Gingras, considère que «la qualité de l'eau s'est beaucoup améliorée». 
Cette amélioration n'est pas due qu'à l'arrêt de la drave. Le resserrement des normes concernant les rejets polluants d'autres industries le long de la rivière a aussi aidé, tout comme l'établissement de nouvelles réglementations quant aux rejets des eaux usées dans les municipalités. «À un moment donné, il y avait 19 municipalités qui rejetaient leurs eaux usées dans la rivière ou ses tributaires, et 14 entreprises potentiellement polluantes», illustre M. Gingras.
Le BVSM compte parmi les partenaires impliqués dans le dossier du balisage de la rivière pour favoriser la navigation de plaisance. Pour le BVSM comme pour Tourisme Mauricie, la navigation sur la rivière demeure un atout majeur dans le développement du potentiel récréotouristique de la région. Mathieu Gingras note aussi les améliorations des conditions de pêche pour les adeptes de ce loisir. L'environnement de pêche est certes plus propice depuis l'arrêt du flottage, mais la dépollution a également engendré une modification des espèces. La population de grands brochets a diminué, alors que celle du doré jaune a augmenté.
Pour optimiser le potentiel récréotouristique de la rivière, Mathieu Gingras croit qu'il faudrait augmenter les accès directs à la rivière, notamment entre Grandes-Piles et La Tuque. «Il y a la route 155 qui suit la rivière, mais on a très peu d'accès directs à la rivière. On pourrait aménager plus de parcs riverains», suggère M. Gingras en mentionnant l'exemple du Parc des trois soeurs, un projet de parc régional en développement dans le Haut-Saint-Maurice.
Le Mouvement vert
Le Mouvement vert de la Mauricie a également joué un rôle actif dans le dossier de la décontamination de la rivière, surtout dans l'optique de la redonner à la population. Pour Michel Fugère, impliqué depuis des dizaines d'années dans le mouvement écologique régional, l'arrêt du flottage et le nettoyage de la rivière furent «une victoire citoyenne». Il prescrit par contre «une grande vigilance sur les projets à venir» pour éviter le «mal-développement».
«On a réussi à se débarrasser de l'industrie lourde et polluante. Ce ne serait pas approprié de ramener de ces industries près des gens et de et de la rivière», soutient-il. Quant au développement récréotouristique, il préconise l'écotourisme afin de préserver les acquis.