Les frères Yves Monfette, Denis Carrier et Michel Montembeault, membres de la communauté Les Pauvres de Saint-François, dont le fondateur Jacques Roy est décédé.

Le frère Jacques Roy est décédé

Le frère Jacques Roy, surnommé le Berger, fondateur des Pauvres de Saint-François, une association laïque de fidèles catholiques installée dans le district Marie-de-l'Incarnation, à Trois-Rivières, est décédé le 17 juillet dernier. Ses funérailles ont eu lieu samedi à la cathédrale de Trois-Rivières.
Depuis sa fondation, ce regroupement d'une dizaine d'hommes dans la force de l'âge souhaite se transformer en véritable groupe religieux au service de l'Église. Ses membres ont fait voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance et tentent de communier tous les jours.
Fondé il y a 40 ans, le groupe attend toujours patiemment une reconnaissance officielle de la part de leur évêque. Mais comme le fait remarquer le frère Michel Montembeault: 40 ans, c'est très jeune pour un nouveau groupe religieux et il est normal que l'Église prenne son temps compte tenu des dérives de certains groupes ces dernières années. Cela dit, avant sa retraite, Mgr Martin Veillette a tout de même permis au groupe de garder en permanence le Saint-Sacrement dans sa chapelle ce qui constitue une étape importante vers une reconnaissance, croit-il.
Ces frères barbus (comme Saint-François) qui portent la bure bleue, une grosse croix sur la poitrine ainsi qu'une épinglette à l'effigie de la Vierge, sont particulièrement connus pour la beauté de leur chant choral, (leur fondateur était musicien de formation). Ils sont donc souvent appelés à participer à ces cérémonies dans la région. Toutefois, c'est surtout les gens de la Beauce, des Laurentides, de Québec et même de France qui font appel à eux pour prêcher des retraites. «Nul n'est prophète en son pays», constatent les frères.
Bien que discret, ce groupe est aussi bien connu des résidents du centre-ville car il n'est pas rare de voir les frères jouer au hockey ou au soccer dans les ruelles avec les enfants du voisinage.
Le Nouvelliste les a rencontrés hier, à leur logis de la rue Sainte-Angèle, alors que tout le monde s'affairait à une tâche: ménage, réparation, administration, préparation du dîner, etc. Ces frères sont autosuffisants. Ils se consacrent uniquement à la prière et au chant et vivent de dons de bienfaiteurs... et non de prestations de l'aide sociale, comme le prétendent de mauvaises langues.
La mort du fondateur de leur mouvement ne devrait changer en rien la vie quotidienne du groupe qui a bien l'intention de poursuivre sa mission. Avant de mourir, le frère Jacques Roy a désigné le frère Yves Monfette, première recrue du groupe alors qu'il terminait à peine ses études collégiales, pour assumer la transition jusqu'à ce que des élections aient lieu, puisque le groupe fonctionne démocratiquement.
Les frères rappellent que leur fondateur est né à Notre-Dame-de-Charny et qu'il est entré chez les Capucins en 1949 où il resta pendant 15 ans sous le nom de frère Jacques-Marie. Il était convaincu «que le premier agent du renouveau ecclésial et de la nouvelle évangélisation ne pouvait être que l'Esprit Saint. Aussi, il mit tout son zèle à garder bien vivant les charismes de l'Esprit Saint au coeur de la communauté des Pauvres de Saint-François et à en montrer l'importance et la nécessité dans la vie de l'Église.»
Le frère Roy est d'ailleurs l'auteur de quelques ouvrages spirituels traitant précisément de ces sujets, destinés à venir en aide aux responsables et aux adeptes du Mouvement du renouveau charismatique.
Rappelons par ailleurs qu'il avait entrepris des études classiques au séminaire de Saint-Victor de Beauce, puis au séminaire Saint-Augustin de Cap-Rouge pour se retrouver finalement étudiant en théologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
C'est en 1974, alors qu'un jeune homme vient à lui «pour se donner à Dieu» (le frère Yves Monfette) que naissait la petite communauté des Pauvres de Saint-François.