Martin Yelle, directeur de la mission au Sanctuaire et Gregory Lynch, directeur du Réseau des églises vertes.

Le Forum des églises vertes au Sanctuaire

Trois-Rivières — Les églises du Québec se soucient elles aussi de l’environnement au point où, depuis 2010, elles sont de plus en plus nombreuses à devenir membres du Réseau des églises vertes qui organise aux deux ans un Forum pour mieux cibler les actions.

Après Montréal, Drummondville, Québec et Ottawa, c’est au tour de Trois-Rivières à recevoir ce forum qui se déroulera les 19 et 20 octobre au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Le directeur du Réseau des églises vertes, Gregory Lynch, s’attend à une forte participation puisque le Forum ne s’adresse pas qu’aux catholiques, mais également à toutes les dénominations chrétiennes du Québec.

«Le Réseau des églises vertes est vraiment pour tous les chrétiens de n’importe quelle dénomination. C’est grand ouvert», dit-il. «Il faut préciser que ça se passe dans un lieu spirituel et que c’est une activité spirituelle, mais ça s’adresse à n’importe qui», souligne-t-il.

L’événement se veut d’abord une activité familiale. «Les enjeux environnementaux inquiètent tout le monde. Il y a 10 ans que le projet est commencé et ça prend de l’ampleur, particulièrement ici, au Québec», constate le directeur du réseau.

Une cinquantaine d’églises (catholiques, anglicanes, évangéliques, quakers et unies) sont enregistrées auprès du Réseau des églises vertes du Canada. Elles sont principalement du Québec, mais également de la Colombie-Britannique, de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario. Le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap fait partie de ce réseau depuis un an.

«Une église verte est une église qui espère faire des actions pour l’environnement et pour la spiritualité», explique M. Lynch. «C’est une église qui travaille pour prendre soin de la Création», résume-t-il en ajoutant qu’il s’agit, en fait, d’une responsabilité pour les chrétiens.

Organisé sur le thème de l’eau, un élément essentiel à la vie, le Forum 2019 présentera une série de conférences, d’ateliers et d’activités sur la thématique. Ces diverses présentations porteront, pour certaines, strictement sur l’environnement alors que d’autres porteront sur la spiritualité.

Par exemple, Lauréanne Daneau, directrice générale du Conseil régional de l’environnement de la Mauricie, fera une conférence sur les changements climatiques. Joëlle Carle, de l’organisme La Brouette, parlera d’agriculture urbaine et Laurianne Bonin de l’organisme Bassin versant Saint-Maurice expliquera les enjeux de la rivière Saint-Maurice.

Du côté plus spirituel, les participants auront droit à une conférence de Normand Lévesque, coauteur du livre Les Pages vertes de la Bible, dans lequel il explique pourquoi la protection de l’environnement est l’affaire des communautés chrétiennes.

Certaines activités se dérouleront en anglais, notamment celle qui sera animée par Monica Lambton et Kim Gottfried Piché concernant le Laudato Si, l’encyclique du Pape François sur l’écologie et les changements climatiques dans laquelle il explique que vivre sa vocation de protecteur et de protectrice de l’oeuvre de Dieu est essentiel pour mener une vie vertueuse.

Martin Yelle, directeur de mission au Sanctuaire, indique qu’une église verte ne fait pas que stimuler ses fidèles à se faire protecteurs de la Création, donc de l’environnement. Des mesures sont également prises pour agir localement par des gestes concrets dans le quotidien du Sanctuaire. «On est en train d’élaborer un plan pour réduire au maximum notre empreinte écologique», illustre-t-il, notamment en enlevant les bouteilles de plastique à usage unique.

«Il y a un élément institutionnel qu’on peut faire en changeant des choses, mais le Sanctuaire est un lieu qui a un impact majeur sur beaucoup de personnes. Il passe 430 000 personnes, ici, par année. Si l’on peut inspirer les personnes à faire de petits gestes, je pense que ça peut être déjà un bel engagement», fait-il valoir.

Alors que plusieurs églises ferment leurs portes, depuis quelques années, faute de fidèles pour les soutenir, la mouvance environnementale croissante dans le monde et l’engagement de l’Église envers l’environnement pourraient permettre de recréer des liens entre les citoyens et la spiritualité. «Je pense que ça peut se faire si l’on pose des gestes marquants en ce sens-là», estime M. Yelle.

Alors qu’émerge depuis quelque temps, un peu partout dans le monde, le mouvement Extinction Rébellion qui a fait plusieurs coups d’éclat en faveur de l’environnement, le Réseau des églises vertes, lui, se veut une forme d’action plus douce. «Nous sommes du côté de l’espoir, du positivisme et de l’espérance. On est content que le monde veuille changer, mais notre approche est celle d’un travail avec tout le monde et non de la confrontation», plaide M. Lynch.