La Corporation des pilotes du Saint-Laurent central rapportait lundi que sept navires attendaient devant Trois-Rivières et Bécancour que le chenal du lac Saint-Pierre soit dégagé.

Le fleuve Saint-Laurent congestionné

Le fleuve Saint-Laurent était toujours complètement congestionné lundi. En fin de journée, la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central rapportait que sept navires attendaient dans les eaux devant Trois-Rivières et Bécancour, le temps que le chenal du lac Saint-Pierre soit dégagé.
En tout, une quinzaine de navires sont ancrés en amont et en aval du lac et attendent que la situation se règle. Les ports de Sorel-Tracy et de Montréal sont particulièrement touchés par cette paralysie de la navigation.
«Il y a une accumulation de navires à Trois-Rivières. Nous en avons sept qui attendent que le lac Saint-Pierre soit dégagé pour continuer leur route», expliquait hier après-midi Michel Fortin, le président de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central, lui-même pilote sur le fleuve.
«Certains bateaux ont la puissance nécessaire pour passer dans les glaces, mais on ne veut pas prendre de chance. Si le navire reste coincé, la Garde côtière devra arrêter son travail de déglaçage pour l'aider», ajoutait-il. «On laisse les brise-glaces de la Garde côtière faire leur travail. Mais ils doivent briser les glaces tranquillement, pour éviter de créer des embâcles en aval.»
Trois brise-glaces de la Garde côtière canadienne étaient à l'oeuvre lundi afin de libérer le chenal du lac Saint-Pierre. Le Pierre Radisson a été envoyé dimanche pour prêter main-forte à l'Amundsen et au Martha L. Black. La Corporation des pilotes du Saint-Laurent central espérait lundi que le chenal puisse être rouvert aujourd'hui (mardi).
La situation est particulièrement critique au port de Sorel-Tracy. La force des glaces a rompu les amarres du Thalassa Desgagnés, un pétrolier qui était accosté au port. Le bateau était lundi en fin d'après-midi à la dérive et la Garde côtière tentait de le ramener au port. Des remorqueurs du port de Montréal ont été appelés en renfort.
Heureusement, personne n'a été blessé lors de cet incident et il n'y a eu aucun déversement. Ce navire transporte 6500 mètres cubes de mazout lourd.
La paralysie de la navigation sur le fleuve entre Trois-Rivières et Montréal entraîne des conséquences aussi en aval. Le premier bateau international, qui n'a pas fait escale ailleurs au Canada, attendu en 2014 au port de Trois-Rivières est maintenant ancré à Les Escoumins, tant il y a de la congestion sur le fleuve. Le Mandarin de Chypre, qui mène la course pour remporter la palme du premier navire de l'année 2014, a donc encore été retardé.
L'accumulation des navires sur le fleuve Saint-Laurent dans la région ne pose pas, pour l'instant du moins, problème au port de Trois-Rivières. Toutefois, si la situation perdure encore quelques jours, l'espace pourrait manquer.
«On commence à se demander s'il y aura des impacts sur le port de Trois-Rivières», avouait lundi Jacques Paquin, le vice-président marketing et développement des affaires.
Michel Fortin, qui a une bonne expérience comme pilote dans le Saint-Laurent, affirmait que cette situation n'a rien d'exceptionnelle. La situation que nous vivons actuellement arrive une fois tous les vingt ans. La dernière fois c'est en 1993.
«Avec les hivers plus cléments des quatre ou cinq dernières années, on oublie que le froid est normal et que cette situation n'est pas si inhabituelle», ajoutait M. Paquin.