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Vos yeux ont besoin de se reposer des écrans plus que jamais

Jean-Philippe Denoncourt
La Presse canadienne
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MONTRÉAL - L’École d’optométrie de l’Université de Montréal met en garde le public contre les problèmes de santé oculaire causés par l’utilisation prolongée des écrans qui est plus fréquente en temps de pandémie de COVID-19.

Le directeur de l’École d’optométrie, Langis Michaud, affirme dans une note récente que l’augmentation du temps passé devant des écrans de toutes sortes risque d’altérer la qualité de la vision, y compris chez les étudiants en raison de l’enseignement à distance.

Le professeur Michaud, qui est docteur en optométrie, rappelle l’existence du syndrome de la vision sur ordinateur (SVO), qui comprend l’ensemble des problèmes de vision liés à l’usage d’un écran sur des périodes prolongées. Il reconnaît qu’il n’y a pas abondance d’études sérieuses sur ce sujet, mais il a produit en décembre un article basé sur une enquête effectuée auprès de 10 000 personnes qui a établi la prévalence du syndrome à près de 65 % de la population qui travaille sur écran.

Il apparaît inconcevable au professeur Michaud d’imposer des cours de trois heures sur écran avec une pause de 15 minutes. Pour la santé oculaire, il serait nettement préférable, à son avis, de prendre de courtes pauses chaque demi-heure, le temps de laisser reposer les yeux.

La Clinique d’optométrie de l’Université de Montréal, qui est ouverte à 75 % de sa capacité en vertu de son statut de service essentiel, constate de plus en plus de cas de myopie précoce résultant notamment d’une surutilisation des écrans. Parmi cette clientèle figurent des enfants âgés d’à peine 8 ou 9 ans.

Langis Michaud rappelle que la forte myopie est un facteur de risque des affections causant la cécité.

L’écran du téléphone portable force à concentrer le regard sur un objet très rapproché, amplifiant des dérèglements d’alignement de la vision binoculaire lorsqu’il est porté à 18 centimètres des yeux.

La tablette électronique pose des problèmes similaires, mais moins aigus, car elle est utilisée à environ 25 centimètres des yeux. Dans ce dernier cas, l’éclairage semble plus problématique, tout comme pour l’ordinateur, qui est plus éloigné encore, soit de 33 à 40 centimètres.

La note du professeur Michaud signale que de fixer une surface lumineuse de façon prolongée augmente les risques, surtout si la lumière ambiante est atténuée. Il demande d’éviter à tout prix de regarder un écran dans le noir.