«L’objectif de la plateforme, c’est de trouver une remorque à louer proche de toi», explique le président de Finloc, Sébastien Blouin.

vHub: le Airbnb des remorques

Jusqu’à 25 % de la distance parcourue par tous les camions qui roulent au Canada se fait avec une remorque vide. Une statistique négative que veut améliorer Finloc 2000.

Ces kilomètres «vides» résultent d’une perte d’argent pour l’industrie, une perte de temps pour les chauffeurs — dans un contexte de rareté de main-d’œuvre — et une pollution de l’environnement supplémentaire.

L’entreprise de Saint-Georges de Beauce Finloc lance donc l’application Web et mobile vHub, le partage intelligent des remorques. Ce qui pourrait être une partie de la solution à tous ces problèmes. 

«L’objectif de la plateforme c’est de trouver une remorque à louer proche de toi. C’est un nouveau produit, un nouveau service qui vient mettre en marché la capacité excédentaire des remorques de nos clients. C’est pour créer des revenus additionnels à l’industrie», explique le président de Finloc, Sébastien Blouin. 

C’est qu’en plus de tous les kilomètres parcourus à vide, jusqu’à 30 % de la distance serait faite avec une remorque sous-utilisée, donc des remorques qui ne sont même pas chargées au maximum de leur capacité. Sans parler de l’usure des infrastructures que causent tous ces déplacements.

Puis, les conducteurs qui sont habitués aux longues routes vous le diront, les tracteurs routiers (les camions sans remorque) se multiplient sur les routes. C’est parce qu’ils vont chercher une remorque louée qui se trouve bien loin de leur lieu de départ. 

«Ce qui arrive, c’est que l’entreprise de Québec prend un camion, il s’en va chercher la remorque disponible à Toronto, puis il revient avec la remorque pour la charger. Ce n’est pas très efficace», illustre M. Blouin.

L’application se veut donc un outil pour les propriétaires et les locataires de remorques dans l’industrie commerciale. Elle fonctionne à peu près comme fonctionne Airbnb. L’utilisateur effectue une recherche en fonction de ses besoins — distance, grosseur de remorques, temps d’utilisation —, puis l’application lui présente les options qui s’offrent à lui. Finloc veut miser sur l’effet de proximité. 

«C’est comme Airbnb, qui centralise la demande et l’offre, comme Expédia ou Hotel.com. C’est comme un guichet unique. Je peux voir toutes les remorques disponibles et où elles sont. J’évite de faire plein de téléphones pour voir où sont les remorques disponibles et avec quelle entreprise», ajoute le président.

Pour l'industrie, par les gens de l'industrie

«Finloc est une société de financement non traditionnelle spécialisée dans le financement de camions et de remorques. On est liés avec la société Manac qui est un des plus grands fabricants de semi-remorques en Amérique du Nord, on est dans les affaires depuis une quarantaine d’années», indique M. Blouin.

L’entreprise Finloc travaille donc dans l’industrie depuis longtemps, elle connaît les enjeux parce qu’elle en est témoin. Elle voulait aussi se lancer dans un virage numérique, afin de permettre à l’industrie du camionnage de se moderniser.

«On vient de l’industrie, on connaît des gens, on a créé un comité consultatif et on a validé notre idée. Puis, c’était vraiment un besoin qui existe. L’objectif est de réussir à avoir assez d’impact pour que chaque remorque qui se promène sur la route soit complètement pleine», exprime le président. 

Finloc a travaillé sur la conception et l’élaboration de l’application avec l’entreprise de Québec Mirego, qui a été impressionnée par le sérieux de Finloc et par le réel problème qui existe.

«Toutes les industries sont touchées par cette “menace du numérique”. Je pense que dans ce cas-ci, les gens de Finloc ont identifié cette opportunité-là, qu’il y a assurément des moyens de mieux faire les choses. Ils se sont dit : on va prendre la situation en mains pour régler notre propre problème», exprime le coprésident et directeur de la stratégie chez Mirego, Sébastien Morin. «Ça augmente leur crédibilité et ça augmente leur chance de succès, assurément. »

Pour ses débuts, l’application vHub se concentre sur les marchés que Finloc connaît bien : Québec, Ontario, reste du Canada et sud des États-Unis. Mais l’objectif est aussi de faire connaître l’outil ailleurs.

«Avec ça, les gens réalisent qu’ils pourraient faire les choses autrement. Je pense que c’est une première étape. Il y a d’autres axes qu’on va pouvoir attaquer», termine le président de Finloc, qui a bien hâte de voir les entreprises utiliser vHub, et de constater les avantages qu’elle apportera.