Gérald Lacroix, copropriétaire de la Distillerie Shefford
Gérald Lacroix, copropriétaire de la Distillerie Shefford

Une vodka d’érable 100% québécoise en préparation à la Distillerie Shefford

Après son Acerum blanc et brun, la Distillerie Shefford travaille sur un nouveau produit : une vodka faite à 100 % d’érable fermenté et distillé. Une première au Québec, affirme le copropriétaire Gérald Lacroix. Il ne manque que l’approbation de la SAQ pour que la vente des 1500 bouteilles puisse commencer en boutique.

« Une vodka à l’érable, ça sous-entend qu’elle a été aromatisée à l’érable, alors que nous c’est une vodka faite à partir de l’érable. Les gens ne font pas toujours la distinction », souligne M. Lacroix.

Ce dernier ajoute que la vodka plus traditionnelle sur le marché québécois est faite à partir de grains et à laquelle du sirop ou du réduit d’érable est ajouté pour la rendre plus goûteuse.

« Nous on prend de l’eau d’érable qu’on fermente et distille à 95 %. Après, on redilut le filtrat d’érable et on l’amène à 40 %. Quand on concentre notre eau d’érable, avant de la faire bouillir, on la passe dans une osmose inversée, ce qui fait en sorte de retirer l’eau pour concentrer la sève. Cette eau-là est pratiquement neutre et c’est avec ça qu’on redilut notre vodka », explique-t-il.

Une seule autre distillerie au Vermont adopterait ce même processus.

Revalorisation

L’érable est le sucre le plus cher sur le marché. Faire une vodka à partir de céréales revient au quart du prix que d’en faire une «à partir du sirop d’érable», estime M. Lacroix.

Les copropriétaires ont donc trouvé une façon de réduire leurs coûts de production en revalorisant les rejets de leur eau-de-vie d’érable, l’Acerum.

Le premier alcool obtenu lors du début de la distillation (la tête), contenant principalement du méthanol, et le dernier alcool obtenu en fin de distillation (la queue) sont alors utilisés pour faire la vodka.

« Les gens vont rejeter ça, alors que nous on les garde. On fait un traitement que l’on a développé et après on le redistille pour faire de l’alcool à 95 %. Cet alcool-là devient notre vodka », indique M. Lacroix qui a appris cette technique lors d’une formation en Hollande.

Un long processus

La distillerie est présentement en attente pour savoir si son produit sera approuvé par la SAQ, un processus assez long.

« On voulait sortir notre vodka avant, mais le Canada avait une législation plus sévère et ne reconnaissait pas les vodkas qui n’étaient pas faites à partir de céréales ou de patates », rappelle M. Lacroix.

Depuis l’été dernier, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a élargi ses critères en acceptant la vodka faite à partir d’autres matières pourvu qu’elles soient agricoles.

Comme la vodka de la distillerie ne respecte pas tous les critères des règles canadiennes, dont celle d’avoir un goût complètement neutre, le produit a seulement été soumis à la SAQ pour être vendu en boutique.

M. Lacroix indique avoir reçu l’acceptation provisoire de la SAQ. Des échantillons sont maintenant sous analyse en laboratoire.

« Ça peut encore prendre deux mois avant d’avoir une réponse », relève M. Lacroix.