Une sixième baleine noire morte dans les eaux canadiennes ce mois-ci

CARLETON — Il sera très ardu d’identifier la cause de mortalité des baleines noires trouvées dans les eaux du golfe Saint-Laurent cette semaine, selon le ministère fédéral des Pêches et des Océans. Une nécropsie est en fait déjà exclue en ce qui a trait à la quatrième baleine, en raison de son état de décomposition extrêmement avancé. Pendant ce temps, une sixième baleine morte a été observée au large de la Gaspésie. Le ministère analysera diverses options pour la récupération et pour la nécropsie.

Quant à la cinquième baleine, localisée mercredi sur le rivage de l’île d’Anticosti, elle est située sur une plage difficile d’accès, précise Isabelle Elliot, agente régionale à Pêches et Océans Canada.

Sa position, sur le haut de la plage, donc souvent à sec, rendrait difficile un remorquage vers une zone accessible aux équipes scientifiques et à l’équipement nécessaire à la réalisation de nécropsie, ajoute Mme Elliot.

Alors que les baleines 1, 2 et 3 portaient les noms de Wolverine, Punctuation et Commit, les examens sommaires des baleines 4 et 5 n’ont pas encore permis de les identifier, alors qu’à peu près toutes les baleines noires portent un nom, à des fins scientifiques. Il n’en reste qu’un peu plus de 400 dans le monde.

Vitesse limitée

À la suite de la découverte de cette cinquième baleine, Transports Canada a immédiatement étendu à tout le golfe l’imposition d’une limite de vitesse de 10 nœuds pour les navires de plus de 20 mètres, même dans les deux corridors situés au nord et au sud de l’île d’Anticosti.

Questionnée au sujet de mesures supplémentaires susceptibles d’être imposées bientôt, Michelle Sanders, de Transports Canada, note que le ministère analyse la situation, mais elle exclut l’arrêt de la navigation dans le golfe Saint-Laurent, ou l’imposition d’une vitesse inférieure à 10 nœuds, pour des raisons de sécurité à bord des navires.

La nécropsie pratiquée sur Wolverine n’a pas permis d’emblée d’identifier la cause de la mort, qu’il s’agisse d’une collision avec un navire ou d’un empêtrement dans des engins de pêche. Dans le cas de la nécropsie effectuée sur Punctuation, les biologistes ont noté des marques de traumatisme aigu, compatible avec une collision entre un navire et le mammifère marin.

Les résultats complets de ces nécropsies ne seront pas connus avant des mois. La nécropsie sur Commit sera effectuée vendredi à l’Île-du-Prince-Édouard.

Douze baleines noires étaient mortes en eaux canadiennes en 2017, ce qui avait incité Transports Canada et le ministère fédéral des Pêches et des Océans à instaurer un train de mesures, dont la limite de vitesse, mais aussi, en 2018, l’établissement de zones d’interdiction de pêche au crabe, une statique et d’autres «dynamiques», variant au gré des observations de baleines noires.

La zone statique a été fermée deux semaines avant les premières observations de baleines noires en 2018 et en 2019. Cette année, sa superficie a été réduite de 63 %, de 4960 à 2317 kilomètres carrés.

Selon Adam Burns, de Pêches et Océans Canada, il serait surprenant que la réduction de la zone statique ait un lien avec la mortalité des baleines noires de juin, «parce que la majorité des baleines noires évoluent au nord des zones statiques et dynamiques cette année».

Depuis l’arrivée des baleines noires à la mi-mai dans le golfe Saint-Laurent, 280 observations différentes ont été répertoriées, à partir de navires ou d’avions, et 78 baleines portant un nom ont été identifiées. Les scientifiques croient que le tiers des baleines noires du globe viennent se nourrir dans le golfe maintenant, en raison du déplacement de leur nourriture, des copépodes.

La pêche au crabe des neiges se termine dimanche, dans le sud du golfe Saint-Laurent. Depuis le début de cette capture, le 2 mai, une surface couvrant 16 000 kilomètres carrés a été fermée à la pêche, de façon permanente ou temporaire.