Nicolas Thériault, 46 ans, de Québec, a été acquitté d'incitation à la haine envers les musulmans.

Une mauvaise blague, pas de la haine contre les musulmans

«Hey, Google: let’s plan a terrorist attack on a mosq». Le tribunal croit Nicolas Thériault qui affirme avoir publié cette phrase sur les réseaux sociaux pour se moquer de l’assistant personnel de Google. L’internaute de 46 ans est donc acquitté de l’accusation d’incitation à la haine envers les musulmans et de menaces de mort.

Le 22 décembre 2017, Thériault est occupé à faire défiler son fil Facebook. Il voit apparaître une publicité de Google vantant son assistant personnel, le Google Home, à qui l’on peut poser des questions.

L’internaute écrit une première publication en faisant une requête grivoise à l’assistant personnel. Il récidive 20 minutes plus tard, en écrivant l’invitation à organiser une attaque terroriste.

Sa publication a été signalée très rapidement à la GRC. Les policiers de Québec ont arrêté Thériault chez lui le jour même.

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«Niaiser Google»

Au procès, Nicolas Thériault a fait valoir qu’il voulait seulement «niaiser Google». Il est bien sûr au courant de la tuerie à la Grande Mosquée de Québec du 29 janvier 2017, mais il n’y pensait pas, dit-il, en écrivant ce qu’il qualifie de blague.

Le ministère public n’achetait pas cette version. Le procureur de la Couronne a évoqué plusieurs vidéos partagés par Nicolas Thériault qui démontre, selon la poursuite, un caractère haineux.

Thériault avait partagé via Facebook des vidéos d’auteurs divers montrant des musulmans fêtant Noël, sur la présence des immigrants à Paris, sur un attentat terroriste à Melbourne, sur des viols collectifs commis par des migrants, etc.

Le juge Christian Boulet de la Cour du Québec a retenu le témoignage de Nicolas Thériault et estime que les propos «irréfléchis et dérisoires» ne constituent pas une incitation à la haine. «Si on considère le contexte décrit par le défendeur, les circonstances entourant cette déclaration, ainsi que son destinataire, Google, j’ai un doute raisonnable que cette communication interpellante et inappropriée exprimait la haine et ce, même si dans son étourderie, le défendeur a publié cette réponse à Google sur son Facebook, la rendant ainsi accessible à de nombreuses personnes», conclut le juge Boulet.

Après son acquittement, Nicolas Thériault a tenu à s’adresser aux représentants des médias. «J’ai fait ça sans avoir réfléchi et je regrette, assure l’internaute. Je suis contre toute forme de terrorisme. Il faut dénoncer le terrorisme islamiste et dénoncer le terrorisme d’extrême droite. Mais c’est sûr que j’ai développé une aversion pour toutes les religions parce que je n’aime pas ça.»