Depuis quelques semaines, les feux de brousse qui ravagent plusieurs régions de l’Australie forcent l’évacuation de milliers de personnes. Deux femmes originaires de la région de Gatineau-Ottawa et qui vivent à Sydney nous racontent ce qu’elles vivent présentement.
Depuis quelques semaines, les feux de brousse qui ravagent plusieurs régions de l’Australie forcent l’évacuation de milliers de personnes. Deux femmes originaires de la région de Gatineau-Ottawa et qui vivent à Sydney nous racontent ce qu’elles vivent présentement.

Une Gatinoise et une Ottavienne dans l’enfer australien

Les feux de brousse qui font rage depuis l’été en Australie se sont fortement intensifiés au cours des dernières semaines. Des Canadiennes originaires de la région d’Ottawa-Gatineau et qui résident maintenant à Sydney se sont confiées au Droit.

Les images qui circulent dans les médias depuis quelques semaines sont dignes de scènes apocalyptiques : on y voit des paysages sombres, orangés et engouffrés par les flammes, ainsi que des sinistrés et des évacués, résidents comme touristes, aux visages masqués tentant de se protéger contre la fumée asphyxiante.

Originaire d’Ottawa, Sara Varin habite à Sydney depuis trois ans. Bien que les flammes ne se sont pas rendues jusque chez elle, elle affirme ressentir « assez sévèrement » les effets du brasier. « Le ciel est filtré, noir, orangé. Ça dépend des journées. Parfois, la boucane peut être beaucoup plus sévère que d’autres jours. Au centre-ville, les gens commencent à porter des masques. Ça fait vraiment peur. »

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C’est actuellement l’été, en Australie, coïncidant avec les vacances des fêtes. Les parents sont en congé, les enfants n’ont pas d’école. Lors de la veille du jour de l’an, l’Ottavienne a roulé vers le sud, près de la mer. Comme le font plusieurs Australiens durant cette période festive, elle est allée en direction de ce que les locaux surnomment « the holiday house ».

Vers 14 h, elle a reçu un texto des autorités l’exhortant de quitter les lieux et de trouver refuge. « On a refait nos bagages, on a pris la voiture, et à même pas un kilomètre de nous, les feux se propageaient sur les fermes avoisinantes. C’était l’après-midi, on aurait cru que c’était la nuit. Un vrai paysage apocalyptique », raconte-t-elle.

Elle affirme aussi que plusieurs de ses amis ont été coincés sur les plages, sans communications, pendant deux jours.

Née à Gatineau, Pascale-Marie Mailhot-Noreau a grandi à Québec et a déménagé à Sydney il y a un peu plus d’un an. Elle se dit inquiète de la situation, mais soulagée que son secteur ne soit pas à risque. « C’est triste, mais c’est rassurant de savoir que je ne perdrai pas ma maison. Je ne peux pas imaginer ce que ces gens vivent. »

Celle-ci remarque que la quantité de fumée varie de jour en jour. « Ces temps-ci, ça va, mais quelques semaines passées, on a eu beaucoup de fumée. J’essaie de rester plus à l’intérieur. Je ne sors pas mon chien. Ils disent que d’être dehors, c’est comme fumer 40 cigarettes en une journée. »

Jusqu’à présent, les autorités australiennes dénombrent 20 morts, dont trois pompiers volontaires. Ils estiment aussi qu’environ six millions d’hectares de brousse, de forêt et de parcs ont été décimés. Des écologistes de l’Université de Sydney évaluent à près d’un demi-milliard le nombre d’animaux qui auraient péri depuis le début des incendies.

En s’installant en Australie, les deux jeunes femmes savaient qu’elles débarquaient dans un pays où la pluie se fait rare et où la plus grande partie du territoire, couverte de zones désertiques ou semi-arides, témoigne des nombreux défis liés à la sécheresse.

Par contre, l’ampleur des brasiers qui ravagent le pays depuis des mois, elles ne s’en seraient jamais doutées.

« À mon arrivée ici à Sydney, il y a un peu plus d’un an, je me demandais : est-ce que c’est quelque chose qui arrive souvent ?, se questionne Pascale-Marie Mailhot-Noreau. Avec la sécheresse, j’ai pensé que c’était quelque chose de récurrent. Mais non, ce n’est jamais à une si grande ampleur. »