Isabelle Duchesne devra rembourser la totalité des 5300 $ qu’elle a volés et faire des travaux communautaires. La femme de Saint-Césaire a reconnu avoir retiré de l’argent du compte en banque d’une aînée.

Une fraudeuse d’aînée devra tout rembourser

Le tribunal a ordonné à une femme de Saint-Césaire de rembourser la totalité des 5300 $ qu’elle a volés à une octogénaire invalide avec qui elle s’était liée d’amitié.

Isabelle Duchesne, 43 ans, avait reconnu s’être approprié la carte bancaire de Jeannine Charland Bastien, en 2017, et l’avoir utilisée pour effectuer une quinzaine de retraits au guichet automatique.

La femme de 88 ans est morte peu de temps après avoir appris que son compte avait été vidé.

Les parties devaient débattre de la peine à imposer à Mme Duchesne, mercredi, mais ont plutôt convenu d’une suggestion commune que le juge Benoît Gariépy, de la Cour du Québec, a acceptée.

En plus du remboursement étalé sur deux ans, l’accusée devra respecter une probation et faire
85 heures de travaux communautaires. Il lui est interdit de communiquer avec les proches de Mme Charland Bastien ou de faire référence à eux sur internet.

À la défense, Me Anabelle Leblond-Lebel a fait valoir que sa cliente n’avait pas d’antécédent judiciaire, qu’elle a évité un procès en plaidant coupable et écrit une lettre d’excuse à l’intention de la fille de la victime.

« Elle a eu des difficultés dans sa vie et regrette amèrement les gestes posés, a dit l’avocate. Elle niait les infractions, mais depuis elle a été transparente avec ses proches. »

Mme Duchesne, qui bénéficiait jusqu’à récemment de l’aide sociale, s’est aussi trouvé un emploi dans une usine de Saint-Césaire.

Pour la Couronne, Me Isabelle Morin a souligné que n’eût été du remboursement complet, une peine d’incarcération aurait été demandée pour l’accusée. Il s’agit, a-t-elle rappelé, d’une fraude à l’égard d’une aînée qui lui faisait confiance.

La victime était «une personne sans défense» qui «n’avait que sa pension de vieillesse», dit sa fille, Chantal Guillet.

Déboires

En entrevue, la fille de la victime, Chantal Guillet, dit avoir énormément pâti de toute cette histoire. Elle a dû s’occuper des finances déficitaires de sa mère et son état de santé s’est aggravé à cause du stress. Elle souffrait déjà de sclérose en plaques et le zona a fait son apparition.

« J’empire à vue d’œil », a-t-elle dit à La Voix de l’Est. Elle se déplace aujourd’hui en marchette et son entreprise de transport, à Rougemont, a fondu de moitié dû à son incapacité à travailler comme avant. Elle aussi fermé une salle de spectacle qui lui appartenait.

Elle se désole d’autant plus que Mme Duchesne était une amie de la famille qu’elle avait déjà aidée financièrement quand sa propre mère avait rendu l’âme. « Je l’ai aidée pour sa mère, et elle a contribué à faire mourir la mienne, a dit Mme Guillet. Je la considérais comme ma sœur. Émotivement, c’est très difficile. »

Elle ajoute que sa mère « n’avait que sa pension de vieillesse » et était « une personne sans défense ». 

« Son compte en banque, c’était son petit coussin. Après qu’il ait disparu, elle a dépéri. »

Mme Guillet dit ne pas trop croire à la sincérité de la lettre d’excuse de Mme Duchesne, mais se réjouit que le processus judiciaire soit terminé. « Maintenant, je tourne la page. »