L’exposition virtuelle portera sur Bertrand Derome, figure bien connue à Sutton depuis une douzaine d’années, moment où cet ancien toxicomane a quitté les rues de Montréal pour entamer une nouvelle vie en toute sobriété dans les Cantons-de-l’Est. Son parcours lui a valu la médaille de l’Assemblée nationale.
L’exposition virtuelle portera sur Bertrand Derome, figure bien connue à Sutton depuis une douzaine d’années, moment où cet ancien toxicomane a quitté les rues de Montréal pour entamer une nouvelle vie en toute sobriété dans les Cantons-de-l’Est. Son parcours lui a valu la médaille de l’Assemblée nationale.

Une exposition virtuelle sur «Monsieur Sutton»

Après avoir fait l’objet de nombreux reportages dans les médias locaux ces cinq dernières années et avoir été sous les projecteurs dans la télédocuréalité Face à la rue, voilà que le camelot suttonnais de L’Itinéraire, Bertrand Derome, sera la vedette de la prochaine exposition du Musée des communications et d’histoire de Sutton.

Ceux qui croyaient que la pandémie aurait mis sur pause le bouillonnement d’idées dans la tête de son président, Richard Leclerc, devront mordre leur langue. La fermeture imposée du musée et le report de l’exposition estivale dédiée à feu Monique Leyrac, coronavirus oblige, n’a absolument pas tari l’imagination du publicitaire suttonnais, qui a choisi de recourir à la technologie pour garder l’établissement bien vivant pendant la belle saison.

«Pour moi, c’est une façon de garder le musée ouvert malgré la pandémie, et aussi dans la tête des gens, afin qu’ils ne l’oublient pas», confie-t-il.

Pour cette exposition virtuelle, son choix s’est arrêté sur Bertrand Derome, figure bien connue au village depuis une douzaine d’années, moment où cet ancien toxicomane a quitté les rues de Montréal pour entamer une nouvelle vie en toute sobriété dans les Cantons-de-l’Est.

Il est depuis devenu le tout premier camelot hors de la métropole à vendre le magazine de rue L’Itinéraire, à Sutton puis à Granby. Celui qu’on surnomme «Monsieur Sutton» s’emploie aussi à sensibiliser la communauté à la réalité des personnes en situation d’itinérance, un parcours qui a fini par lui valoir la médaille de l’Assemblée nationale.

Une histoire que Richard Leclerc souhaite raconter, non pas en ses mots, mais à travers ceux de plusieurs journalistes de la région qui l’ont racontée dans le cadre de reportages publiés depuis nombre d’années à son sujet.

«L’exercice, c’est d’aller chercher des extraits de tous les articles qui ont été écrits sur lui dans les journaux pour en faire un genre de collage qui raconte son histoire, explique M. Leclerc. Je prends quelques paragraphes par article et je les place dans un ordre chronologique qui nous permet de retracer son parcours.»

Richard Leclerc travaille sur ce projet à temps perdu depuis le début du printemps. L’exposition devrait être lancée au même moment où le musée aurait dû ouvrir ses portes, le 20 juin prochain.

Pour une future exposition, Richard Leclerc invite la population à visiter les expositions passées du Musée des communications et d’histoire de Sutton, qui sont archivées en ligne sous la forme de blogues, et de lui faire parvenir une photo d’eux s’ils reconnaissent leurs propres traits dans les portraits de personnages historiques ayant été mis sous les projecteurs.

Pour la bonne cause

Quand Richard Leclerc lui a fait part de ses intentions de lui consacrer une exposition virtuelle, Bertrand Derome n’en croyait pas ses oreilles, lui qui est souvent soufflé par la générosité de la communauté suttonnaise à son égard.

«C’est vraiment flatteur», affirme le principal intéressé, qui considère le projet comme «sa biographie».

Il est d’autant plus ravi qu’il sera possible, via l’exposition, de faire un don à L’Itinéraire. Toutes les sommes amassées grâce à l’exposition seront redistribuées parmi l’ensemble des camelots qui gravitent autour de l’organisme, ce qui ne rend pas peu fier le plus célèbre de ses ambassadeurs.

«Cet argent-là qu’il va ramasser, on va pouvoir le redonner aux autres, confirme-t-il. J’en ai assez, j’ai beaucoup de chance que tout ce monde-là veuille m’aider!»

Une exposition dont vous serez le héros

Du même souffle, Richard Leclerc profitera de la saison estivale pour mettre en place une autre initiative qui donnera naissance à une future exposition virtuelle.

Inspiré de l’exposition Mon sosie a 2000 ans, présentée au Musée de la civilisation à Québec et au cours de laquelle les visiteurs étaient invités à se faire prendre en photo pour retrouver leur «sosie» historique, le publicitaire invite la population à visiter les expositions passées du Musée des communications et d’histoire de Sutton, qui sont archivées en ligne sous la forme de blogues, et de lui faire parvenir une photo d’eux s’ils reconnaissent leurs propres traits dans les portraits de personnages historiques ayant été mis sous les projecteurs.

À la fin de la saison, M. Leclerc réalisera un montage des photos reçues et de leur célèbre sosie.

Toutes les personnes ayant pris part à l’initiative seront inscrites à un concours dont le prix sera un abonnement à la saison 2020-2021 du musée, où l’exposition prévue cette année sur Monique Leyrac sera enfin présentée.