Les traditionnelles résolutions du Nouvel An – faire plus d’exercice par exemple – ne se concrétisent pas toujours.
Les traditionnelles résolutions du Nouvel An – faire plus d’exercice par exemple – ne se concrétisent pas toujours.

Une experte recommande des résolutions réalistes pour le Nouvel An

Mieux s’alimenter, arrêter de fumer, perdre du poids. Voilà quelques idées de résolutions du Nouvel An qui trottent dans la tête de plusieurs alors que 2020 frappe à nos portes. La meilleure façon de tenir une résolution est d’avoir un objectif réaliste et accessible, précise la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, la Dre Christine Grou.

Par exemple, une personne qui se donne comme résolution de perdre dix livres en un an a plus de chance de succès qu’une personne qui se promet de perdre 50 livres dans les trois prochains mois. La disproportion de l’objectif ainsi que le principe de réalité font en sorte que les gens ne tiennent pas leur résolution, a indiqué la psychologue et neuropsychologue.

« La majorité des gens vont faire des résolutions qui les rapprochent, en termes psychologiques, d’un moi idéal. “Je vais m’inscrire dans un gym et je vais m’entraîner cinq jours par semaine.” C’est ça qui n’est pas réaliste. C’est ça qui fait que les gens ne les tiennent pas. C’est trop d’habitudes qu’on veut changer en même temps. C’est une chose de dire que je vais aller au gym cinq fois par semaine, c’est autre chose de dire que je vais y aller chaque semaine », a expliqué la Dre Grou en entrevue au Droit.

Une étude de l’Université de Scranton, en Pennsylvanie, a d’ailleurs observé que seulement 8 % des gens qui se donnent des résolutions au Nouvel An atteignent leur but. Or, il est important de ne pas se fixer « 50 résolutions en même temps », a aussi fait valoir la Dre Grou.

Tradition

Le fait de vouloir adopter de nouvelles habitudes de vie au jour de l’An est une tradition qui date de très longtemps. Les gens se fixent des objectifs le 1er janvier parce que ça marque le début d’un temps nouveau et la fin de la période d’abondance que sont les Fêtes.

« On mange plus, on boit plus, on est en congé. Il y a un peu plus d’excès qui se font durant cette période-là, et c’est tout à fait normal. L’être humain étant ce qu’il est, il a besoin de se prouver qu’il est capable de reprendre le contrôle. C’est comme s’il a une dette envers lui-même », a expliqué Mme Grou.

« Et le prix à payer est le besoin de reprendre le contrôle sur la bride qu’on a lâchée », a-t-elle ajouté, précisant que les gens se mettent alors au régime sec et s’inscrivent au gym.

La Dre Grou signale que lorsqu’une personne veut faire le point et changer quelque chose dans sa vie, il est important de le faire durant une période de réflexion suivant une accalmie, pas en réaction à quelque chose. Et, personne n’est obligé d’attendre au 1er janvier pour se fixer des objectifs à atteindre, a signalé la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

« Il y a 364 autres jours où on peut prendre des résolutions, réfléchir sur notre vie et décider de changer quelque chose », a-t-elle indiqué.

Sondage

Un sondage Léger réalisé en décembre 2018 révélait qu’un peu plus du quart (27 %) des répondants au Canada prévoyaient prendre des résolutions pour 2019 alors que 65 % des personnes interrogées avaient répondu par la négative. Huit pour cent des gens ne savaient pas.

La firme de sondage avait d’ailleurs observé que les millénariaux (18 à 34 ans) étaient les plus nombreux (45 %) à vouloir prendre des résolutions du Nouvel An, et que ces intentions s’atténuaient en vieillissant avec 25 % pour la génération X et 17 % chez les Baby Boomers.