Dans Mages of Mystralia, le joueur contrôle Zia, une jeune fille qui vient de découvrir ses pouvoirs magiques.

Un Robervalois derrière le jeu primé « Mages of Mystralia »

Un Robervalois d’origine est derrière un jeu vidéo qui a remporté de nombreux prix. Mages of Mystralia, créé par Jeux Borealys, est maintenant disponible sur toutes les plateformes et a déjà été téléchargé près de 200 000 fois.

Louis-Félix Cauchon, président et cofondateur de Jeux Borealys, le studio de développement de jeux vidéo indépendant montréalais, est satisfait. Mages of Mystralia est maintenant disponible sur PC, PS4, Xbox One et Nintendo Switch. Le jeu fait des adeptes partout dans le monde.

Il a notamment retenu l’attention des Chinois. « Borealys est la première entreprise québécoise à percer le marché chinois grâce à sa collaboration avec la compagnie Tencent, la plus grosse entreprise chinoise de jeux vidéo. Pour vendre un jeu en Chine, celui-ci doit répondre à différents critères qui cadrent avec la culture chinoise. Mages of Mystralia a réussi. Il est maintenant disponible partout sur la planète, en 14 langues », raconte Louis-Félix Cauchon au cours d’un entretien téléphonique.

« On est vraiment contents », ajoute-t-il, même s’il admet que les attentes de Jeux Borealys étaient encore plus élevées pour son premier projet.

Effectivement, le nombre de jeux vidéo en vente a littéralement explosé, au cours de la dernière année.

L’équipe de Jeux Borealys a souligné mercredi la sortie de Mages of Mystralia sur la Switch de Nintendo.

« En 2015, Steam, plateforme de distribution de contenu en ligne, a sorti 500 jeux. En 2016, il y en a eu plus de 900, et en 2017, ils ont ouvert les vannes et 7500 jeux sont sortis. Ça désavantage les développeurs de jeux vidéo. On aurait pu atteindre beaucoup plus », estime Louis-Félix Cauchon.

Jeux Borealys a collaboré avec de grands noms pour créer son jeu vidéo.

« On a collaboré avec Ed Greenwood, l’un des plus célèbres auteurs de l’univers de Donjons et Dragons, et la musique a été faite par l’Orchestre de jeux vidéo de Boston. On avait de gros atouts, on se serait attendus à en vendre plus », explique-t-il.

Louis-Félix Cauchon n’est toutefois pas déçu du déroulement des choses. Mages of Mystralia a notamment reçu plusieurs prix qui procurent une crédibilité importante au studio de développement de jeux vidéo indépendant qui emploie actuellement neuf personnes, mais dont le nombre d’employés augmente considérablement en période de production.

Depuis sa sortie en 2017, le jeu a été primé sur Steam.

Le jeu a remporté les honneurs à Pax East (2016-2017) et Pax South (2017) dans la catégorie Best Indie Game. Il a aussi été couronné dans la catégorie Best in Show à SXSW 2017. À ses débuts, la campagne de sociofinancement de Mages of Mystralia a été reconnue comme la meilleure au Canada dans la catégorie Jeux vidéo.

Dans Mages of Mystralia, le joueur contrôle Zia, une jeune fille qui vient de découvrir ses pouvoirs magiques. Le joueur déniche des runes qui lui permettent de créer ses propres sorts pour combattre les ennemis, résoudre des énigmes et sauver le royaume de Mystralia.

Louis-Félix Cauchon pose en compagnie de Jean-Martin Aussant, qui a été nommé directeur général de La Guilde des développeurs indépendants de jeux vidéo du Québec.

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CRÉER DES JEUX VIDÉO EN RÉGION: UN RÊVE DE PLUS EN PLUS ACCESSIBLE

Louis-Félix Cauchon caresse le rêve de revenir s’installer dans sa région natale avec son entreprise de développement de jeux vidéo. Une idée qui pouvait sembler irréaliste il y a quelques années, mais qui prend de plus en plus des allures de possibilité. 

Originaire de Roberval, Louis-Félix Cauchon est toujours demeuré attaché à sa région natale. «C’est la plus belle région du monde», affirme-t-il sans hésiter. En 2005, il s’est installé à Montréal où il a obtenu un baccalauréat en communications médias interactifs, puis un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en design de jeux, programme où il enseigne actuellement.

Après ses études, il a rapidement cofondé l’entreprise Artifice Studio, qui a lancé Sang-Froid, le premier jeu vidéo basé sur le folklore québécois.

«C’est une histoire qui se passe au Lac-Saint-Jean. On a vendu plus de 300 000 copies du jeu dans le monde. À la fin du projet, j’ai vendu mes actions pour fonder Jeux Borealys le 1er septembre 2014», raconte celui qui est habité depuis longtemps par l’idée de revenir un jour dans sa région natale. 

«C’est un rêve que je chéris. On peut facilement délocaliser une entreprise de jeux vidéo, ça prend juste un projet porteur. J’ai toujours rêvé d’être capable de convaincre des gens pour le faire. Le principal défi consiste à amener de la main-d’oeuvre. Il y a beaucoup d’avantages à vivre en région.» 

Depuis l’implantation d’Ubisoft au centre-ville de Chicoutimi, son rêve lui semble de plus en plus accessible.  

«La présence d’Ubisoft va créer un écosystème d’expertise. Ça s’est fait à Montréal et Québec. On peut penser qu’une dynamique semblable s’installera au Saguenay-Lac-Saint-Jean», affirme celui qui, chaque année, entraîne ses employés jusqu’au Lac-Saint-Jean pour des vacances pendant la Traversée.  

Louis-Félix Cauchon souligne que revenir en région ne représente pas un projet à court terme. En attendant, il siège notamment sur le CA du COlab du Collège d’Alma, un lieu de recherche, de partage d’expertise et de collaboration avec divers partenaires qui vise à favoriser l’émergence et le développement de la culture numérique dans la région. 

«On a commencé à travailler, à réfléchir à comment créer et maintenir la main d’oeuvre en TI dans la région.»

Ce dernier est bien au fait de tout ce qui se passe dans le milieu des TI au Québec. Il est président et fondateur de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec, une organisation qui regroupe des développeurs de jeux vidéo et des créateurs et entrepreneurs des domaines connexes qui vise à stimuler la coopération et la cocréation afin de faire du Québec un leader mondial du secteur des jeux vidéo.