Le poteau électrique à l’origine de l’incendie du 16 octobre, au centre-ville de Magog, était situé sur la rue Dragon.

Un poteau fragile à l’origine du feu de Magog ?

MAGOG — Le poteau électrique à l’origine de l’incendie du 16 octobre, au centre-ville de Magog, était-il trop fragile? Plusieurs internautes se posent la question après avoir regardé une photographie, provenant de l’application Google Street View, qui permet d’apercevoir le poteau en question tel qu’il était avant le sinistre.

On voit bien, grâce à cette photo, que le poteau le plus près du 12 Deragon, l’immeuble touché en premier lieu par l’incendie, était abîmé à sa base. Tout laisse croire qu’il avait été heurté par un ou des véhicules dans les mois ou années avant l’incendie. Des observateurs affirment que les déneigeuses frappent régulièrement ce type d’infrastructure.

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Bonnardel constate les dégâts de l'incendie à Magog

Bien sûr, de très forts vents ont soufflé durant la nuit du 15 au 16 octobre. Ils ont sans doute eu un rôle à jouer. Mais un ou quelques facteurs additionnels ont peut-être contribué à l’embrasement, qui a fait disparaître six commerces ainsi qu’une quinzaine de logements.

La Tribune a circulé en voiture dans les rues du centre-ville et a pu observer plusieurs poteaux sur lesquels apparaissaient de profondes marques à 20 ou 30 centimètres au-dessus du sol. Selon les vérifications effectuées, certains de ceux-ci appartiennent à la compagnie Bell Canada et d’autres à Hydro-Magog.

Puisque le poteau de la rue Deragon était le sien, La Tribune a tenté d’obtenir des éclaircissements de la part de Bell Canada. L’objectif était d’en apprendre davantage au sujet de l’entretien de son réseau à Magog et sur les infrastructures qu’elle possède en bordure de la rue Deragon plus précisément. Mais l’entreprise a refusé de fournir la moindre information.

« J’ai vérifié avec mes équipes et je ne serai pas en mesure de vous partager des commentaires puisque nous sommes encore en train d’enquêter sur les circonstances entourant l’incident de la semaine dernière », a indiqué Marie-Ève Francoeur, gestionnaire principale des relations avec les médias chez Bell.

Plusieurs poteaux électriques du centre-ville de Magog présentent des marques à leur base. Certains d’entre eux seraient à l’occasion heurtés par des déneigeuses.

Magog transparente

Afin de savoir si la situation pouvait être préoccupante, La Tribune a également interpellé la Ville de Magog, propriétaire du réseau Hydro-Magog. Elle a accepté de détailler les mesures qu’elle prend, tous les ans, pour s’assurer que ses infrastructures de transport d’électricité restent constamment en bon état.

La directrice des travaux publics à la Ville de Magog, Danielle Comeau, confie ainsi que tous les poteaux électriques appartenant à Hydro-Magog font l’objet d’une inspection annuelle. « On fait le test du marteau à la base pour nous assurer qu’ils sont toujours solides », note-t-elle.

De plus, lors des travaux d’émondage en automne, les employés d’Hydro-Magog en profitaient pour faire des vérifications en hauteur dans les secteurs où ils devaient couper des branches. Les événements de la semaine dernière ont toutefois conduit l’organisation à revoir ses pratiques et elle entend désormais inspecter la portion supérieure de tous ses poteaux chaque année.

En ce qui concerne les marques laissées à l’occasion par les déneigeuses, Danielle Comeau affirme que, sauf exception, elles n’affectent pas les poteaux de « manière structurelle ».

« Les forts vents et un paquet de facteurs ont pu jouer mardi dernier, soutient Claudia Fortin, directrice des communications et des technologies pour la Ville. C’est sûr que les changements climatiques amènent des événements météo plus intenses de nos jours, mais on a confiance en notre réseau. Nos employés sont sur le terrain, connaissent bien nos équipements et en prennent soin. »

Notons par ailleurs que la municipalité installe uniquement des poteaux de classe 3, lesquels seraient les plus solides. Elle en remplacerait entre 80 et 100 tous les ans pour s’assurer de garder un réseau pleinement fiable et sécuritaire.

« Hors du commun »

Appelé à commenter le dossier, le directeur du service de protection contre les incendies de Magog, Sylvain Arteau, assure que l’état des poteaux électriques sur le territoire de cette municipalité ne l’inquiète pas.

« Il faut se rappeler que les conditions climatiques, pendant la nuit du 15 au 16 octobre, étaient hors du commun. Des arbres sains ont été déracinés sur notre territoire à cause des vents puissants qui ont soufflé. D’ailleurs, mon service a fait 10 sorties pour enlever des fils et des arbres du chemin cette nuit-là », fait valoir M. Arteau.

Les vents observés, la nuit de l’incendie, ont aussi fait prendre de la vigueur au feu. Cela expliquerait en partie pourquoi trois immeubles ont été détruits et qu’un quatrième a été sérieusement endommagé par les flammes.