Le policier Dany Dufour, du poste de Saint-Ambroise de la Sûreté du Québec, a mis un baume sur le coeur de Jane en prenant le temps de jouer avec elle.

Un policier déployé à Sainte-Marthe-sur-le-Lac change la vie d'une jeune fille [VIDÉOS]

Même si les inondations de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ne font plus la manchette, ça ne veut pas dire pour autant que la situation est réglée. Le policier Dany Dufour, rattaché au poste de Saint-Ambroise de la Sûreté du Québec (SQ), revient tout juste de cette ville des Laurentides où il était déployé. Une expérience où il a dû côtoyer la détresse des sinistrés, mais où il a su mettre un baume sur le coeur d’une jeune sinistrée.

Dany Dufour a été affecté à plusieurs endroits, du 21 au 29 avril, mais le 27, lorsque la digue a cédé, il se trouvait à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Il a donc participé à l’évacuation de plusieurs résidences. Deux jours plus tard, il quittait les lieux, mais il y est retourné du 15 mai au 3 juin.

Formé pour tout ce qui touche le travail avec un véhicule tout-terrain, il a été affecté à la patrouille des secteurs inondés qui sont difficiles d’accès. Il a aidé les citoyens, surveillé les maisons et était en contact avec les intervenants sociaux. Pendant son déploiement, alors qu’il circulait avec son autopatrouille dans un secteur touché par le sinistre, il a aperçu une jeune fille en train de jouer au basketball, mais avec « une tristesse absolue » dans le visage. Le policier s’est approché d’elle et l’a saluée. Dans ses mains, Jane avait un vieux ballon qui dégonflait. C’est probablement tout ce qu’il lui restait, parce que l’eau avait envahi le sous-sol de sa maison, où se trouvait sa chambre. « J’ai perdu toutes mes choses », a-t-elle déclaré au policier.

« Je lui ai dit : ‘‘Tu aimes jouer au basket ? ’’ Elle m’a répondu : ‘‘Oui.’’ Mais elle avait le visage triste et ne parlait pas beaucoup. J’ai aperçu ses yeux et j’ai été touché. Je lui dis : ‘‘Tu sais quoi ? Moi, j’ai vraiment le goût de jouer une partie de basketball avec toi, est-ce que ça te tente ? ’’ Elle m’a répondu d’une voix basse que oui, ça lui tentait, et elle m’a souri. J’ai stationné mon auto dans la rue et j’ai commencé à jouer avec elle », a raconté Dany Dufour, avouant tout de même avoir dû faire son « homme fort » parce qu’il était très touché à l’intérieur, d’autant plus que la jeune fille de 8 ans ressemblait beaucoup à la sienne.

Avant de retourner patrouiller – et après avoir été battu par Jane ! –, le policier a pris le temps de lui montrer l’autopatrouille, parce qu’elle semblait intéressée par le véhicule. « Je l’ai embarquée du côté conducteur et je lui ai expliqué le fonctionnement du véhicule. Je lui ai fait actionner les gyrophares et son sourire est revenu. Elle a semblé oublier tous ses tracas qui l’angoissaient depuis l’inondation. »

Dans sa tête, Dany Dufour a fait son travail, celui que peu de gens voient lorsqu’ils croisent un uniforme, soit le côté humain et l’entraide en situation de crise. Mais en quittant les lieux, avec son « coeur de père », il ne pouvait pas concevoir que la jeune fille n’avait plus rien pour jouer, outre un ballon dégonflé. Il s’est donc dirigé vers un magasin pour lui acheter un nouveau ballon, avant de retourner voir la jeune fille et de lui offrir son cadeau. Un geste qui a fait une grande différence pour la jeune sinistrée, mais pas seulement pour le ballon. Sans le savoir, Dany Dufour venait de combler une petite fille qui rêve de devenir policière.

« Depuis qu’elle sait parler, ma fille nous dit qu’elle sera policière lorsqu’elle sera grande, donc vous comprendrez que ce policier est vraiment bien tombé. Elle était si heureuse et fière. Les policiers ont été très présents dans le secteur à la suite des inondations et ils ont su mettre un baume sur le coeur des enfants du coin. Ce fut évidemment magique pour elle, a raconté Jennifer Martel, la maman de Jane, ajoutant que le policier avait même pris le temps d’aller lui montrer son VTT .

« L’inondation n’aura pas laissé que du négatif. Parmi toutes les histoires passées dans cet événement, il y a celle de ma fille avec ce gentil policier. Pour elle, ce sera un moment heureux dont elle se souviendra longtemps ! »

Cet événement est survenu lors d’une journée très forte en émotions. Des gens très émotifs, découragés et anxieux constataient les dégâts et, malgré tout, gardaient le sourire et saluaient le policier lorsqu’il passait devant leur maison.

« La plupart des gens gardent le moral, l’entraide des uns et des autres est impressionnante. Par contre, c’est un moment très difficile pour eux, que ce soit au niveau psychologique ou physique. C’est terrible de voir comment ces personnes peuvent souffrir de ce drame qui les hante depuis plusieurs semaines », a constaté Dany Dufour.

Ce dernier n’était pas le seul policier de la région à être affecté sur les lieux des inondations. Selon le porte-parole de la SQ au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Hugues Beaulieu, entre 25 et 50 policiers ont été déployés selon la période, ce qui n’a eu aucun impact sur les opérations ici, assure-t-il.