Patrice Laurin a été aussitôt condamné à 36 mois de prison, une peine de laquelle il faut déduire 18 mois de détention provisoire.
Patrice Laurin a été aussitôt condamné à 36 mois de prison, une peine de laquelle il faut déduire 18 mois de détention provisoire.

Un organisateur de «masturbe-o-thon» condamné pour crimes sexuels

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Vous connaissez déjà les quilles-o-thon, les berce-o-thon, les nage-o-thon. Patrice Laurin, de Québec, avait lui organisé un masturbe-o-thon où il sollicitait les dons pour une cause humanitaire. Il en profitait pour inviter les gens à lui rendre visite pour faire plus ample connaissance...

L’individu de 50 ans, multirécidiviste en matière d’actions indécentes — 38 condamnations au compteur —, a plaidé coupable jeudi aux accusations d’avoir communiqué avec des personnes en vue d’obtenir des services sexuels moyennant rétribution et de possession de pornographie juvénile.

Patrice Laurin a été aussitôt condamné à 36 mois de prison, une peine de laquelle il faut déduire 18 mois de détention provisoire.

En juin 2019, les policiers de la Ville de Québec ont été informés, via la ligne 418-641-AGIR, qu’un individu avait organisé un masturbe-o-thon sur Internet et sollicitait des dons du public. Selon diverses publications web de Laurin, les dons étaient destinés à des œuvres de charité... ou à la création d’un club de rencontres.

Les policiers se sont mis à surveiller le site web et ont pu voir les demandes répétées de Patrice Laurin, qui se présentait sous sa réelle identité dans une vidéo, et invitait des femmes à venir le voir chez lui pour lui prodiguer des services sexuels en échange d’argent.

En septembre, la dénonciation d’une dame du voisinage a amené les policiers à obtenir un mandat de perquisition pour le logement de Laurin, dans le nord de Limoilou. Ils ont trouvé dans l’ordinateur 1900 fichiers de pornographie juvénile montrant des enfants de moins de 10 ans ayant des relations sexuelles avec des adultes.

Patrice Laurin a été arrêté et est resté détenu durant les procédures.

Devant le tribunal, Laurin a dit regretter ses gestes et qu’il allait «faire ce qu’il devait faire». «Je pense que ce n’est pas la première fois que vous regrettez», a commenté le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec, avant de s’informer si l’homme avait déjà eu des traitements sexologiques, notamment après une condamnation pour contact sexuel. Très peu et rien de concluant, résume l’avocate de la défense.

Laurin, déjà inscrit au registre des délinquants sexuels, le restera à perpétuité. En raison de ses lourds antécédents, il lui sera aussi interdit pour le reste de sa vie de se trouver dans les lieux publics fréquentés par les mineurs (parcs, piscines, etc), d’occuper un emploi le plaçant en relation de confiance avec des mineurs et d’utiliser Internet.