L’ex-membre des Forces armées canadiennes souffre d’un choc post-traumatique depuis qu’il a combattu en Afghanistan.

Un militaire en prison par manque de communication

Un ancien combattant des Forces armées canadiennes en choc post-traumatique s’est retrouvé derrière les barreaux pendant une semaine après avoir été arrêté dans la Réserve faunique des Laurentides alors qu’il se rendait à sa maison de thérapie.

Le jeune homme de 29 ans a comparu au Palais de justice de Chicoutimi jeudi matin. Il est apparu fatigué devant le juge Michel Boudreault qui s’est inquiété de son état. « Je suis fatigué. Je n’ai pas beaucoup dormi au cours de la dernière semaine et j’ai beaucoup d’anxiété », a affirmé l’ex-militaire.

L’individu, arrêté jeudi dernier, a passé une semaine en prison. Il circulait entre Chicoutimi et Québec lorsqu’il a été arrêté pour avoir omis de se présenter en cour le 13 novembre dernier. Il était en déplacement entre sa résidence de Jonquière et le centre de thérapie CASA de Saint-Augustin-de-Desmaures près de Québec, un centre spécialisé dans le traitement des dépendances chez les personnes portant ou ayant porté l’uniforme.

Le client de Me Sylvain Morissette a affirmé avoir appris qu’il devait se présenter en cour le 13 novembre au moment même où il a été arrêté.

« Notre client n’a pas le droit d’utiliser le téléphone lorsqu’il est au centre de thérapie. Il a demandé à une responsable sur place de nous contacter pour nous prévenir qu’il était là-bas. Ça n’a pas été fait. Il pensait qu’on avait été avisé. De notre côté, on était sans nouvelles de lui, on ne parvenait pas à le rejoindre », raconte Me Sylvain Morissette.

L’ancien militaire a été intercepté dans la Réserve faunique des Laurentides.

« Il était à quelques kilomètres du territoire de Saguenay, mais il a été amené du côté de Québec. Il a donc comparu à Québec, puis a dû être transféré à Saguenay. S’il avait été amené à Saguenay dès le départ, il aurait pu comparaître dès le lendemain et être libéré », déplore le criminaliste.

Le juge Boudreault a libéré le jeune homme sans hésitation jeudi matin. Il devra résider à son adresse de Jonquière ou au centre de thérapie de Saint-Augustin-de-Desmaures jusqu’à son retour en cour, le 18 janvier prochain.

Accusations

L’ex-militaire fait face à des accusations de voies de fait. Les actes qui lui sont reprochés remontent au 21 février 2018. Ce jour-là, l’homme a téléphoné à un centre de prévention du suicide afin d’obtenir de l’aide. Il a été amené à l’hôpital. Il aurait alors commis des voies de fait alors que des intervenants tentaient de lui prodiguer des soins.

Le jeune homme a combattu en Afghanistan en 2011. Il souffrirait depuis d’un choc post-traumatique sévère.

Il a bénéficié d’une absolution inconditionnelle et a reçu un verdict de non-responsabilité criminelle dans deux autres dossiers depuis.

Une évaluation de son état psychologique pourrait être demandée avant son retour en cour.

Le juge Boudreault a souligné que les résultats obtenus pourraient même entraîner le retrait des accusations.