Lorsque le fédéral a autorisé la vente de cannabis comestible en octobre 2019, Gaetan Delorme a pensé aux enfants qui pouvaient confondre un jujube contenant du THC avec d’autres friandises régulières.
Lorsque le fédéral a autorisé la vente de cannabis comestible en octobre 2019, Gaetan Delorme a pensé aux enfants qui pouvaient confondre un jujube contenant du THC avec d’autres friandises régulières.

Un menuisier veut protéger les enfants des bonbons au cannabis

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Lorsque le fédéral a autorisé la vente de cannabis comestible en octobre 2019, Gaetan Delorme a pensé aux enfants qui pouvaient confondre un jujube contenant du THC avec d’autres friandises régulières. Le menuisier d’Ottawa est retourné à la planche à dessin pour concevoir des boîtes dans lesquelles les consommateurs peuvent fermer à clé les produits du cannabis, des «cocottes» aux jujubes.

«J’ai des enfants et des petits-enfants, et je suis moi-même un consommateur, dit-il. Aux nouvelles, on parlait d’enfants intoxiqués après avoir mangé un ‘jujube au pot’, croyant que c’était un bonbon ordinaire. Quand le gouvernement canadien a autorisé la vente de cannabis comestible, j’ai eu l’idée de fabriquer un objet du même genre que les boîtes à cigares, mais pour les consommateurs de cannabis.»

Ces «humidors» en bois de noyer contiennent des compartiments pour entreposer les huiles, les fleurs séchées, et les produits comestibles.

«Je m’adresse à une clientèle qui veut un bel objet pouvant être laissé presque n’importe où dans la maison sans que ce soit dangereux pour les tout-petits qui croient manger un jujube ou un biscuit ordinaire en cachette. C’est pour les jeunes familles, ou même les grands-parents comme moi qui reçoivent les petits-enfants à la maison et qui veulent éviter de tels incidents.»

Sa petite entreprise, Delorme Hunidor, a été fondée en 2010. Le propriétaire fabrique d’autres articles de fumeurs.

«C’est hermétique, c’est fait à la main et c’est un produit local, souligne le menuisier. Pour l’instant, les prix vont de 350$ à 1 500$, mais je travaille sur un modèle plus économique.»

Plusieurs incidents

Le 14 août, Santé Canada et le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) ont confirmé que le nombre d’enfants ayant ingéré par erreur du cannabis comestible avait explosé depuis sa légalisation.

Entre mai et juillet 2020, le CHEO a enregistré une augmentation de 85% du nombre d’enfants et de jeunes qui se sont rendus aux urgences pour cette raison, par rapport à la même période en 2019.