Hakim Ghomari et son complice ont utilisé des faux certificats-cadeaux et des cartes de crédit volées pour se payer des visites au spa Balnéa de Bromont.

Un faussaire amateur de spa démasqué à Bromont

Un faussaire qui pensait s’en sortir en fabriquant un témoignage de toutes pièces passera un an derrière les barreaux, après quoi il sera soumis à une probation de deux ans.

En plus d’avoir été reconnu coupable de trois chefs d’accusation de fraude pour avoir payé des services du spa Balnéa avec des cartes de crédit volées ou des certificats-cadeaux falsifiés, en avril 2017, Hakim Ghomari s’est aussi parjuré.

Lors du procès ayant débuté en août 2018, il apparaît clair que M. Ghomari, aujourd’hui âgé de 25 ans, est la tête pensante du duo de fraudeurs, soit celui qui a orchestré la fraude.

Pour sa défense, l’accusé a affirmé à la cour qu’il tire des « revenus intéressants » de son implication au sein de nombreuses entreprises pour expliquer son rythme de vie « enviable ».

Les certificats-cadeaux obtenus pour payer les visites au spa auraient été achetés à rabais auprès d’un vendeur trouvé sur des sites de petites annonces, a-t-il plaidé, fournissant en preuve des copies desdites annonces. Il dit avoir été arnaqué par cet individu lors de sa visite au spa, le 26 avril 2017, jour de son arrestation.

Volte-face

Au terme du témoignage de l’accusé, le procès a été ajourné quelques jours. Au moment de reprendre l’audience, M. Ghomari et son complice Mohammed Gassi font volte-face et plaident finalement coupables. 

Il ressort du procès que l’ensemble du témoignage et des preuves présentés par M. Ghomari avaient été inventés de toutes pièces. « Son témoignage n’était que mensonges et les documents qu’il a présentés pour soutenir ses paroles ont été créés par lui. [...] Tout est faux », souligne le juge Champoux, qui relève cependant la grande qualité des pièces falsifiées par l’accusé.

« Il ne fait aucun doute que n’eut été du travail attentif du procureur chargé du dossier et de l’enquêteur principal, la ruse de l’accusé aurait fonctionné », affirme le magistrat.

Antécédents

Les fraudes commises par Hakim Ghomari étaient passibles de deux ans de prison alors que le parjure pouvait lui valoir une peine maximale de 14 ans d’emprisonnement. 

Au moment de commettre la fraude chez Balnéa, l’accusé était sous une probation de deux ans pour des délits du même genre commis précédemment. Il avait entre autres fabriqué de fausses pièces d’identité et de fausses cartes de crédit en plus d’en avoir volé ; des infractions pour lesquelles il avait été absous conditionnellement en février 2016. La même année, il avait aussi été trouvé coupable de conduite avec les capacités affaiblies.

Les remords exprimés par l’accusé n’ont pas convaincu le juge Champoux, qui a également pris en compte un rapport présentenciel ayant conclu à un risque modéré de récidive chez le faussaire. « Une problématique à laquelle sont confrontés les bons menteurs, c’est que lorsqu’ils sont démasqués, on ne sait plus quand ils disent la vérité. Ici, j’ai la preuve incontestable qu’il a menti à répétition en témoignant avec aplomb et constance », a-t-il souligné, précisant que rien dans les gestes posés par M. Ghomari ne relevait de la spontanéité.

Pour cette raison, le juge a rejeté la suggestion de la défense d’une peine de prison de 90 jours à être purgée de façon discontinue, mais aussi la recommandation de 9 à 11 mois d’emprisonnement de la Couronne.

Il a plutôt condamné le jeune homme à neuf mois de prison pour le chef de parjure, auxquels s’ajoutent trois peines concurrentes de trois mois pour les chefs de fraude.