Une psychose toxique causée par la consommation de cannabis est à l’origine de deux épisodes d’incendies criminels allumés par un ancien footballeur universitaire dans les résidences de l’Université de Sherbrooke puis dans une maison de chambre du boulevard Jacques-Cartier.

Un ex-footballeur universitaire reconnaît deux incendies criminels

Une psychose toxique causée par la consommation de cannabis est à l’origine de deux épisodes d’incendies criminels allumés par un ancien footballeur universitaire dans les résidences de l’Université de Sherbrooke puis dans une maison de chambre du boulevard Jacques-Cartier.

Devant des défenses de non-responsabilité criminelles qui ne pouvaient s’appliquer dans ses dossiers, Chadrick Tchanga-Henry a reconnu les nombreuses accusations portées contre lui, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

Étudiant athlète qui a joué au niveau universitaire pour le Rouge et Or de l’Université Laval en 2016 et 2017, Chadrick Henry souhaitait s’établir à Sherbrooke pour poursuivre ses études.

Lorsqu’il a allumé un incendie dans sa chambre aux résidences de l’Université de Sherbrooke en décembre 2018, il n’y était pas étudiant.

Coupe Vanier

Après une deuxième année comme porte-couleur de l’une des puissances du football universitaire canadien avec qui il a gagné la Coupe Vanier en 2016, puis s’est incliné en finale en 2017, Henry a quitté l’équipe au début 2018.

Des problèmes personnels l’ont plongé dans la consommation de cannabis au cours des derniers mois. Cette substance a déclenché chez Henry les symptômes de psychose toxique.

Lors des observations sur la peine qui devraient se dérouler le 6 juin prochain, les rapports de psychiatres judiciaires sur l’aptitude à comparaître et sur sa responsabilité criminelle seront déposés au tribunal.

« Ils sont clairement pertinents dans le dossiere », a affirmé l’avocate de la défense Me Jessyca Duval de l’aide juridique.

« J’admets tout »

Intoxiqué au cannabis, Tchanga-Henry a allumé un feu dans sa chambre sur la colline universitaire, le 8 décembre 2018. Les pompiers du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke ont constaté deux sites d’incendie dans l’appartement.

Des témoins avaient signalé la présence de fumée puis l’alarme de feu avait été déclenchée. Dix tuiles du plancher ainsi que le dessus d’un bureau ont été endommagés par le feu.

L’accusé a reconnu ce premier incendie criminel mardi, devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

Interpellé par les policiers à la suite de cet incendie criminel, l’homme de 23 ans a résisté à son arrestation.

« Il mentionnait qu’il était un général de l’armée et qu’il avait le pouvoir de renvoyer les policiers, qu’il allait les tuer en faisant des bruits de balles », a expliqué au tribunal la procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier.

Évalué puis soigné en psychiatrie, Chadrick Tchanga-Henry a été remis en liberté au début de 2019.

Trois jours après sa remise en liberté, il est retombé dans la consommation de cannabis.

Il n’en fallait pas plus pour que, dans la nuit du 13 au 14 décembre 2018, il allume un incendie dans la chambre du boulevard Jacques-Cartier où il résidait.

Bris de conditions

Il a aussi reconnu plusieurs bris de conditions de remise en liberté, dont celle de ne pas consommer de stupéfiants, de rencontrer son médecin et de prendre ses médicaments.

« Un banc de musculation a été endommagé avec un couteau. Un cercle noir d’un pied de diamètre a été constaté sur le plancher de la salle de bain et des matières brûlées ont été trouvées dans la poubelle. Le four, les ronds de poêle et le micro-ondes ont été allumés sans qu’ils servent à cuire des aliments. L’accusé a mentionné aux policiers qu’il avait froid », indique Me Cloutier.

Détenu depuis cet événement de janvier dernier, l’ancien étudiant-athlète a reconnu tous ses crimes devant le tribunal.

« J’admets tout monsieur le juge », a affirmé Chadrick Tchanga-Henry.

L’avocate de la défense a demandé qu’un rapport présentenciel soit confectionné.