La technique de l'étranglement par l'arrière permet de maitriser facilement son adversaire, en jiu-jitsu brésilien.

Un amateur d'arts martiaux maîtrise un voleur violent

SHERBROOKE — Un adepte des arts martiaux a maitrisé un voleur violent jeudi soir grâce à des techniques de jiu-jitsu brésilien. Le malfaiteur s’en prenait à deux employés du IGA coin Galt Ouest et Belvédère à Sherbrooke après s’être fait prendre avec des articles non payés à la sortie de l’épicerie.

L’homme arrêté vers 21h40 jeudi par les agents du Service de police de Sherbrooke (SPS) se nomme Gabriel Moisan-Létourneau, âgé de 21 ans.

Il a comparu vendredi matin au palais de justice pour vol qualifié, pour usage de violence et pour des conditions brisées. Il avait d’autres mandats d’arrestations à son actif, dans d’autres villes.

Celui qui aurait maitrisé Moisan-Létourneau tient à garder l’anonymat pour éviter de se faire retracer. Il détient une grande part de responsabilité dans l’arrestation du malfaiteur de 21 ans. Il pratique le jiu-jitsu depuis trois ans et aurait tenu au sol le voleur pendant sept minutes, jusqu’à l’arrivée des policiers.

«J’étais à la caisse et j’entends des hurlements à l’entrée. Je m’approche et je vois les deux employés en train de se débattre avec un grand costaud. Il y a plusieurs coups qui partent et je vois du sang sur le gars. C’est là que je suis intervenu. Je l’ai tiré par terre par l’épaule, j’ai mis mes mains autour de son cou et l’ai entouré avec mes pieds. C’est une position très forte pour maitriser quelqu’un. À chaque fois qu’il essayait de fouiller dans ses poches, je maintenais la pression sur son cou. Il stressait pas mal, il ne pouvait pas sortir de là», raconte-t-il.

La prise d’étranglement arrière utilisée sur Moisan-Létourneau permet de maîtriser un opposant sans violence. Il n’y a pas eu davantage de bagarre. Le courageux citoyen l’a simplement mis au sol en effectuant une pression sur son cou, sans même montrer son visage.

«Ce qui est particulier dans le jiu-jitsu, c’est que c’est un système d’autodéfense et souvent les plus petites personnes se servent de la force de l’autre pour les renverser et les maîtriser. Mon étudiant pèse 145 lb et il a maitrisé un assaillant qui pèse au-dessus de 180 lb», explique Dominic Côté, entraîneur de jiu-jitsu au Centre d’arts martiaux Three Headed Beast.

«Il a tenu la prise, et cette prise-là tu peux la contrôler, mais si tu continues de serrer, la personne va perdre connaissance», ajoute-t-il.

L’étudiant de M. Côté, considéré comme un poids léger, a donc bien contrôlé sa force de pression. Il a aussi bien analysé la situation avant d’intervenir, il s’est assuré que Moisan-Létourneau ne possédait aucune arme.

«Je ne suis pas du tout bagarreur. Je suis content que ça ait servi à bon escient, c’était la première fois que j’utilisais les techniques en situation réelle. C’est pour éviter les dégâts, c’était instinctif d’aider quelqu’un en difficulté. Si l’on a les moyens de maîtriser quelqu’un sans lui faire mal, autant s’en servir pour que ça apporte quelque chose», ajoute celui qui pratique de multiples arts martiaux depuis son enfance.

«Chaque personne, tu ne sais pas comment elles vont réagir dans ces situations-là. Je suis content que ça ait bien été. Il a vraiment bien réagi, une bonne analyse de risques. Il a bien appliqué les techniques, c’est là qu’on voit que ça marche», termine l’entraineur Dominic Côté.